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« J'ai entendu les craintes, légitimes, que ces évolutions suscitent au sein d'une partie des acteurs du monde de la santé publique », écrit la ministre dans cette lettre de deux pages adressée à la présidente et la directrice générale de SpF, publiée sur X, par laquelle elle souhaite faire une « clarification ».
Depuis fin janvier et l'annonce du transfert de certaines missions (gestion de la réserve sanitaire et des stocks stratégiques, campagnes de prévention), principalement au ministère de la Santé, des salariés, experts en santé publique ou encore parlementaires s'inquiètent d'une « reprise en main ».
Santé publique France assure des « missions de nature hétérogène » et il est nécessaire de « renforcer l'efficacité et la lisibilité de l'action publique » dans un contexte marqué par « la multiplication des crises sanitaires », réaffirme Stéphanie Rist.
Reprendre la main sur la santé publique ?
En matière de surveillance épidémiologique, « cœur de mission » de SpF, écrit-elle, la ministre affiche l'objectif de conforter l'agence sur « ce qui fait sa force : sa capacité à anticiper, comprendre et accompagner les acteurs » de la surveillance épidémiologique et la prévention, louant son « expertise scientifique d'excellence ».
« Nous sommes très inquiets parce que depuis la fin de la crise Covid, SpF ne cesse d'être attaquée par des personnes qui souhaitent reprendre la main sur la santé publique : nous en sommes à la 4e mission d'inspection après la première très lourde, de l'IGAS en 2025 », fait pourtant valoir Olivier Catelinois (CFDT), un des représentants des salariés au conseil d'administration de l'agence.
« A chaque fois, ça commence comme le courrier de la ministre, en disant que l'agence fonctionne bien, a une grosse expertise... mais qu'on va revoir tout ça », dit-il à l'AFP.
Sur la communication en santé publique, la ministre pointe dans sa lettre une « dispersion » qui « fragilise la lisibilité du message public et alimente la défiance », expliquant que SpF va conserver « la production des données et des recommandations », dont l'État assurera « le portage et l'incarnation ».
Mais l'exécutif « n'est pas là pour élaborer et diffuser des campagnes de prévention : il est là pour organiser la stratégie de l'État », affirme Olivier Catelinois, et « lorsque le message, sur le Mois sans tabac ou le Nutri-Score, vient du gouvernement, il est moins bien entendu » par la population, ont montré des évaluations.
Avec AFP