Congrès EuroNet MRPH : «Une grande pauvreté existe au niveau mondial en raison de l’absence de couverture sanitaire universelle»

D’ici 2030, dans les 54 pays les plus pauvres, le déficit de financement de la couverture sanitaire universelle sera d’environ 176 milliards par an. Le Dr Shufang Zhang, Senior Advisor au Département de santé et finance du Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis, and Malaria et coordinatrice de projet à l'ONU, en a expliqué les enjeux lors du congrès EuroNet MRPH

What’s up doc : Pourquoi avez-vous voulu participer à ce congrès ?

Shufang Zhang : Un collègue chercheur m’a dit : « une association organise un congrès. Elle aimerait parler du financement de la santé mondiale ». Je travaille au département de finance et je veux soutenir la communauté, alors j’ai accepté. Je viens partager ma compréhension du problème et interagir avec de jeunes professionnels pour savoir quelles sont leurs forces et comment je peux les aider.

Quelles sont les problématiques de la santé mondiale ?

S. Z. : Je pense que beaucoup de problèmes existent. Nous avons beaucoup de morts prématurés, des cas de malaria, tuberculose... C’est un fardeau important. Nous n’avons pas beaucoup d’argent et de grandes disparités entre les différents pays. Une grande pauvreté existe au niveau mondial en raison de l’absence de couverture sanitaire universelle.

Qu’est ce qui génère ces problèmes dans le monde ?

S. Z. : À mon avis le gros problème vient du manque d’investissement dans les pays pauvres. Nous avons besoin d’un plus gros engagement politique pour investir. Il faut ensuite mieux investir. Nous avons également besoin d’une forte collaboration de tous les partenaires clés avec chaque pays. Enfin,  une forte collaboration est nécessaire pour que les exécutants fournissent les services aux personnes qui en ont besoin.

Qui sont ces partenaires clés ?

S. Z. : Au niveau de la recherche mondiale les partenaires clés sont les gouvernements et les organisations non gouvernementales qui mettent en place les programmes.  Les partenaires qui permettent de développer ces programmes sont la Banque mondiale, GALI, GFF, Stop TB Partnership, AIM et beaucoup d’autres.

Les différences entre les systèmes de santé des différents pays sont-elles une force ou un obstacle ?

S. Z. : Chaque pays est différent, possède sa propre philosophie, son propre système de santé et sa vision sur la manière d’améliorer les choses. Je pense que pour progresser en matière de santé il faut que les pays puissent partager des valeurs communes de sorte à créer un écosystème de santé plus fort, plus accessible et globalement plus efficace. Surtout pour les services de « besoin ». Nous ne pouvons pas ignorer le fossé au niveau de la santé entre les différents pays. Nous devons essayer d’emprunter un chemin avec les mêmes objectifs.

Quelles sont les nouvelles orientations du fond mondial pour le financement de la santé mondiale ?

S. Z. : Une coordination et un partenariat renforcés avec les acteurs du financement. Il faut explorer de nouvelles modalités financières, promouvoir la gestion des finances publiques et la capacité des pays à mieux dépenser. Et mettre surtout un accent accru sur la durabilité.

Vous dites que les pays en voie de développement dépensent un demi billion de dollars tous les ans en frais de santé, pourtant 100 millions de personnes demeurent dans l’extrême pauvreté. Comment pourrions-nous mieux optimiser leur argent ?

S. Z. : Il est nécessaire de donner la priorité aux investissements pour ceux qui restent, supprimer les obstacles aux Droits de l’Homme, promouvoir les soins centrés sur la personne, promouvoir les services dirigés par la communauté, lutter contre les normes sociales néfastes. Global fund , par exemple, en 2018, a acheté pour 1,1 milliard de dollars de produits médicaux dans le cadre du mécanisme d’approvisionnement groupé. Cela a fait baisser le coût des ARV de 10 000 dollars en 2000 à 72 dollars aujourd’hui. Depuis sa création, il a sauvé 44 millions de vies et réduit de moitié le nombre de décès dû aux épidémies de paludismes et de VIH.

 

 

 

 

 

Portrait de Albane Cousin

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