Comment la médecine de ville se réorganise en Ile-de-France contre l'épidémie

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Dans la région la plus touchée par l’épidémie, la médecine de ville s’organise : création de centres dédiés Covid19, élargissement des possibilités de dépistage, retour à domicile de malades hospitalisés. Les choses ne sont pas simples : bonne volonté, engagement et système D sont au rendez-vous. Tour d'horizon des initiatives prises. 
 

Comment la médecine de ville se réorganise en Ile-de-France contre l'épidémie

Des centres COVID19

Lors du passage en phase 3 de l’épidémie, il est devenu évident que certains malades Covid19 + allaient se retrouver sans médecin traitant, compte tenu de l’augmentation du nombre de malades. D’où l’idée de créer des lieux dédiés afin d’éviter un afflux de patients aux urgences hospitalières. C’est ainsi que des centres Covid19 ont été créés dans chaque département de la région. Il y en avait 11 au 26 mars grâce au concours des municipalités. Ces centres sont souvent dûs à l’initiative de professionnels de santé déjà engagés dans des organisations territoriales comme les CPTS.
Avec ces centres, il y a donc désormais 3 niveaux d’organisation en ville. Les structures d’exercice coordonné (pôles, MSP, centres de santé) et certains cabinets de groupe continuent à prendre en charge tous les  patients, y compris les Covid+. Dans certains territoires, les médecins et les cabinets paramédicaux se sont repartis la prise en charge, certains ne prenant en charge que les Covid19+ et les autres traitant le reste de la patientèle.
Depuis l’ouverture de ces centres, un certain nombre de médecins ont pris l’habitude de leur adresser leurs patients Covid19+ pour se consacrer à leur patientèle habituelle
« Il est important de ne pas se mettre en concurrence les uns avec les autres », met en garde Didier Menard, qui préside la Femasif, en rappelant que ces nouveaux centres sont des lieux dédiés aux patients qui ne peuvent avoir accès à leur médecin traitant ou à leur soignant habituel. « Ces centres sont aussi souvent présentés à tort comme des centres de dépistage, ce qu’ils ne sont pas », souligne Didier Menard qui tient à rappeler les règles actuelles du dépistage.

Dépistage dans des laboratoires privés

L’hôpital prenait en charge jusqu’à récemment la totalité des dépistages. Le dépistage est aujourd’hui accessible dans des laboratoires de ville. Dans chaque département de la région, 6 à 7 laboratoires ont été agrées.  Les conditions d’accès au dépistage sont strictes. Il s’agit de professionnels de santé présentant des signes cliniques d’infection probable au  Covid-19, des personnes hébergées en Ehpad (seules les trois premières personnes présentant des symptômes) et les personnes fragiles (patients immunodéprimés, femmes enceintes..). Les personnes se verront remettre par leur médecin une ordonnance indiquant les signes cliniques et le contexte pour lequel le dépistage est demandé. Ils doivent ensuite  se rendre dans un des laboratoires agréés.  

Prise en charge en ville de patients hospitalisés

Les hôpitaux franciliens sont désormais face à une saturation de leur capacité d’accueil. Il est donc important que la ville les soulage, en prenant en charge un certain nombre de malades aujourd’hui hospitalisés qui n’ont plus besoin d’être suivis à l’hôpital. Les modalités de ce suivi en ville sont en train d’être définies et des indications vont être données prochainement aux professionnels de santé de ville sur les modalités de cette prise en charge (communication avec l’hôpital, conditions de suivi médical à domicile et conditions de vie à domicile (personnes isolées, fragiles, difficultés sociales etc.))

Système D pour les dispositifs de protection

Malgré la distribution d’un deuxième lot de masques, en début de semaine dans les pharmacies, c’est toujours la pénurie pour les masques et autres dispositifs de protection. Plutôt que de se lamenter, un système D s’est mis en place pour y faire face ! Les professionnels de santé s’adressent à des municipalités, organismes ou entreprises qui peuvent en avoir. Ils peuvent aussi se rapprocher, soit de leur pharmacie référente, soit de la cellule logistique de l’ARS chargée de cette collecte. Une application monpharmacien.com permet aussi d’interroger et de se rapprocher des pharmacies.
 

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