Canicule à l’hôpital : 52,9 % des professionnels se disent épuisés d'avoir travaillé sous de fortes chaleurs

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Plus de la moitié des professionnels de santé ayant répondu à un sondage se déclarent fatigués après les canicules de juin et juillet. Près de 38 % disent avoir travaillé sous des températures comprises entre 31 et 40 °C, malgré la présence de systèmes de refroidissement dans une majorité des établissements.

Canicule à l’hôpital : 52,9 % des professionnels se disent épuisés d'avoir travaillé sous de fortes chaleurs

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Fatigue des équipes, consultations reportées, patients transférés vers des chambres climatisées : les canicules de juin et juillet ont fortement perturbé le fonctionnement de plusieurs établissements sanitaires et médico-sociaux, selon un sondage du Comité pour le développement durable en santé (C2DS).

L’enquête a été menée en ligne du 6 au 10 juillet 2026 auprès de 362 professionnels de santé exerçant dans 63 départements. Les répondants s’étant auto-sélectionnés, le C2DS précise que l’échantillon ne peut pas être considéré comme représentatif de l’ensemble du système de santé.

Parmi les personnes interrogées, 52,9 % disent se sentir fatiguées. Elles sont également 44,3 % à se sentir utiles et à leur place, 24 % impuissantes, 23,7 % en colère, 14 % résignées et 13,1 % stressées.

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L’épuisement est cité par 68,7 % des répondants comme le risque le plus important lié au changement climatique dans l’exercice de leur métier. Il arrive très largement devant les tensions sur l’eau, mentionnées par 35,1 %, celles sur l’énergie, citées par 33 %, et la dégradation des conditions de travail, évoquée par 20,1 %.

Les difficultés d’approvisionnement sont citées par 14,7 % des professionnels, les transports par 14,1 % et le fonctionnement du matériel, des dispositifs médicaux et des médicaments par 13,5 %. La dégradation de la qualité des soins inquiète 15,5 % des répondants.

Des températures supérieures à 30 °C

Au total, 37,7 % des personnes interrogées déclarent avoir travaillé sous une température comprise entre 31 et 40 °C : 26,5 % entre 31 et 35 °C et 9,4 % entre 36 et 40 °C. À cela s’ajoutent 1,8 % des répondants qui affirment avoir constaté plus de 40 °C sur leur lieu de travail.

Près d’un tiers, soit 32,4 %, évoque des températures comprises entre 26 et 30 °C. Ils sont 23,8 % à rapporter entre 23 et 25 °C, et seulement 6,2 % entre 19 et 22 °C.

Les témoignages montrent d’importantes disparités entre les bâtiments et parfois au sein d’un même établissement.

« Mon service est climatisé toute l’année, mais une pièce ne l’est pas et il y fait 36 degrés », rapporte un répondant.

Un autre évoque une « température moyenne des chambres pour les services au dernier étage entre 32 et 34 degrés ». Un professionnel indique également : « Certaines clim sont tombées en panne. »

Dans les blocs opératoires, plusieurs commentaires font état de problèmes de ventilation ou d’humidité. Un répondant décrit une hygrométrie comprise entre « 80 et 90 % dans les salles d’intervention ». Un autre alerte sur des « salles opératoires en défaut de ventilation » et estime qu’opérer dans de telles conditions accroît le risque infectieux pour les patients et celui de malaise pour les professionnels.

La qualité des prises en charge affectée 

Selon le sondage, 28,4 % des professionnels estiment que les canicules ont fortement affecté la qualité et la sécurité des prises en charge. Ils sont 24,1 % à juger l’impact très fort, soit 52,5 % au total.

À l’inverse, 5,5 % considèrent que les fortes chaleurs n’ont eu aucun impact, 19,5 % qu’elles en ont eu très peu et 22,4 % qu’elles ont eu un impact moyen.

Les répondants décrivent des déplacements de patients vers des pièces rafraîchies, des consultations reportées, des séances de rééducation annulées et une augmentation de la surveillance des personnes fragiles.

« Dans mon service, l’épuisement des patients était remarquable, d’où le report de consultations », explique un professionnel.

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Un autre fait état de la « création de dortoir dans les zones climatisées la nuit » et du « déménagement des patients dans des chambres climatisées ».

« Les patients étaient pour la plupart très apathiques, n’ont pas souhaité réaliser leurs séances de rééducation. Plusieurs ont été perfusés pour limiter la déshydratation », rapporte également un répondant.

Un autre professionnel assure avoir dû « annuler la majorité » de ses rendez-vous de rééducation, les évaluations étant, selon lui, faussées par une baisse des performances liée à la chaleur, notamment des essoufflements, de la fatigue et des œdèmes.

Le C2DS précise qu’aucun des 95 témoignages recueillis à cette question ne signale une atteinte avérée à la sécurité des soins.

Des systèmes de refroidissement inefficaces

La plupart des professionnels interrogés déclarent disposer d’au moins un équipement contre la chaleur. Un système de climatisation ou de refroidissement est présent sur le lieu de travail de 69,2 % des répondants. Les ventilateurs sont cités par 48 %, les protections solaires extérieures — volets, stores ou brise-soleil — par 32,2 %, et les brumisateurs par 18,9 %.

La présence de ces équipements ne garantit toutefois pas une température maîtrisée. Plusieurs professionnels décrivent des installations en panne, insuffisantes ou réservées à certaines pièces.

« Rafraîchissement seulement dans les couloirs, mais deux services subissent une panne de climatisation depuis l’an dernier, non réparée faute de budget », rapporte un répondant.

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Un autre indique : « Bâtiments rénovés mais inadaptés, sans solution contre la chaleur. Ventilateurs et brumisateurs sont les seules réponses. »

Certains disent avoir dû trouver eux-mêmes des solutions. « Je survis grâce à une clim que je me suis achetée », affirme un professionnel. 

Dans certains établissements, les personnels ont utilisé des couvertures de survie sur les vitres, du blanc de Meudon, des draps aux fenêtres ou encore des climatiseurs mobiles. Un témoignage évoque même l’arrosage des façades pour réduire la température du bâtiment.

Une aide jugée insuffisante

Au total, 54,3 % des professionnels affirment avoir reçu une aide technique ou organisationnelle pour limiter les conséquences de la canicule. Mais 28,3 % considèrent que cette aide n’a pas été à la hauteur de leurs besoins. Ils sont 11,4 % à n’avoir reçu aucune aide et 6,1 % à ne pas savoir.

Parmi les personnes aidées, environ 40 % citent la mise à disposition d’un climatiseur, près de 32 % celle d’un ventilateur, environ 24 % une autre forme de soutien et près de 20 % une aide organisationnelle ou l’intervention de la direction. Environ 19 % mentionnent l’aide des techniciens et près de 7 % la fourniture de brumisateurs.

Les mesures rapportées comprennent notamment la distribution d’eau et de glaces, la création de cellules de crise, l’aménagement des horaires, l’autorisation de télétravailler ou l’ouverture de locaux climatisés. D’autres dénoncent une réaction tardive.

« L’aide a été très limitée et se résume à mettre à disposition des ventilateurs », témoigne encore un participant.

Le C2DS recommande de cartographier dans chaque établissement les espaces qui peuvent être climatisés ou rafraîchis et d’intégrer ce zonage à la cartographie des risques. L’association, qui affirme fédérer près de 1 000 établissements de santé publics, privés et associatifs, prévoit également de lancer à la rentrée des groupes de travail consacrés à l’adaptation au changement climatique.  

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