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« Entre 2016 et 2026, Médecins du Monde (MdM) France a documenté 223 attaques contre les soins de santé ayant touché ses opérations internationales (...). Cela représente près de deux incidents par mois », alerte l'ONG. Au niveau mondial, plus de 17 000 attaques de cet ordre ont été recensées en dix ans.
Ces violences, dont 64 % sont attribuées à des acteurs étatiques, ont causé la mort de 3 600 professionnels de santé et l'arrestation de 2 575 autres, d'après l'association.
Parmi les endroits les plus touchés figurent la Birmanie, la République centrafricaine et les territoires palestiniens où « le génocide en cours à Gaza depuis octobre 2023 a entraîné une explosion du nombre d'attaques et d'entraves aux soins, largement documentées de manière indépendante », selon l'organisation.
Obstacles quotidiens
Outre les violences meurtrières, Médecins du Monde subit également « des attaques qui sont beaucoup moins visibles, mais tout aussi destructrices », précise à l'AFP Léa Gauthier, chargée de plaidoyer humanitaire pour l'ONG.
« Ce sont les vols, les cambriolages, l'extorsion, les arrestations de staff, les détentions, le harcèlement administratif. Toutes les fois où on est bloqué à un check-point, ou à une frontière, où on ne peut pas se déplacer, même si on a des autorisations, on est bloqué », raconte-t-elle. « Tout ça a un impact énorme sur notre capacité à opérer et sur les services de santé qu'on peut fournir aux populations ».
Par ailleurs, d'après l'association, « la criminalisation et la politisation croissantes de l'aide impartiale, les discours délégitimant l'action médicale humanitaire y compris en ligne, conjugués à la baisse des ressources mondiales, risquent d'aggraver ces attaques dans la prochaine décennie ».
Face à cette situation, MdM appelle les États à « cesser de traiter la résolution 2286 (du Conseil de sécurité, ndlr) comme un engagement symbolique et assumer pleinement leurs responsabilités en matière de prévention, d'enquête et de protection des soins de santé ».
Avec AFP
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