Assistants médicaux : les contre-propositions des syndicats

Assistants médicaux
Assistants médicaux

Le round des négos a débuté ce 24 janvier, au sujet des assistants médicaux. Pour les syndicats, les médecins isolés doivent pouvoir profiter de cette nouvelle mesure.

Le 24 janvier dernier se sont ouvertes les négociations sur la création du nouveau statut d'assistant médical. Pour rappel, le déploiement des assistants médicaux est une des mesures du plan Ma santé 2022 : au nombre de 4000 en 2022, ils seront censés assister les médecins généralistes en les déchargeant de tâches administratives, tout en effectuant une préparation active des patients (prise des constantes par exemple). Si une grande partie des mesures du plan, comme la réforme des études médicales, sera comprise dans la loi de santé présentée en février en Conseil des ministres, la création et le déploiement des assistants médicaux, tout comme la multiplication des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), font l'objet d'une négociation conventionnelle entre l'assurance maladie, et les syndicats représentatifs de médecins. Laquelle négo a donc débuté le 24 janvier, et a d'ores et déjà suscité les réactions prudentes d'au moins deux syndicats médicaux. 

Pour MG France, les médecins isolés concernés par la réforme

Pour MG-France, le syndicat de médecins généralistes qui a le plus poussé cette réfome, les assistants médicaux doivent être aussi accessibles aux médecins isolés. Ce qui est loin d'être gagné, car l'assurance maladie pose des conditions pour la prise en charge financière de ces futurs assistants : les médecins qui veulent en embaucher devront être partie prenante d'un exercice coordonné. Autre doléance du syndicat de MG : pour que ces assistants médicaux soient immédiatement disponibles, MG France préconise de faire accéder certains secrétaires médicaux à ce nouveau statut via la validation des acquis et de l'expérience (VAE). Enfin, le syndicat demande à ce que cette mesure soit inscrite dans le temps et puisse survivre à cette convention, pour ne pas précariser les assistants médicaux qui seraient embauchés. 

Exonération de cotisations patronales pour la CSMF

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a aussi à redire quant à ce début de négo. Dans un récent communiqué, la CSMF est en désaccord total avec l'assurance maladie, sur les conditions d'accès aux assistants médicaux. Ainis, les médecins de secteur 2 ou en zone sur-dense seront exclus du dispositif. Une aberration pour la CSMF, qui prive les médecins spécialistes de cette aide précieuse. Aussi, pour la CSMF, une définition trop précise des tâches de l'assistant médical serait contre-productive : à charge pour chacun des médecins de moduler les activités administratives et de soins en fonction de leurs besoins. La CSMF suggère également d'exonérer le salaire de l'assistant médical (en partie à la charge du médecin) des cotisations patronales. 

UFML à 300% contre

L'Union française pour une médecine libre (UFML) est à 300% contre l'instauration d'assistants médicaux. Pour le syndicat, présidé par le Dr Jérome Marty, l'aide apportée par les assistants médicaux devrait permettre de rallonger la file des patients et de faire de la médecine d'abattage. Un point de vue qui ne fait pas l'unanimité chez les syndicats médicaux, mais qui semble partagé par internes et jeunes médecins. 
 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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