Alcool dans les stades : Buzyn VS le reste du monde ?

La ministre de la Santé s’est officiellement opposée à une centaine de députés LREM qui souhaitent faire plier la loi Evin pour réintroduire l’alcool dans les stades.

La foire aux jeux de mots est ouverte. Agnès Buzyn met à la fois un gros tacle et un carton rouge aux 105 députés de sa majorité qui ont signé une proposition de loi visant à « faire de la France une nation sportive ». Pourquoi ? Parce que son article 18 reviendrait à autoriser le retour de l’alcool dans les stades, et de la troisième mi-temps en plein match.
 
La proposition n’est en tout cas pas du tout du goût de la ministre de la Santé, qui l’a fait savoir publiquement avec un slogan : « La ferveur n’a pas besoin d’alcool pour s’exprimer dans nos stades ».

Cette contre-attaque vient punir l'idée attribuée aux lobbys alcooliers, qui feraient pression sur les élus à l’approche des Jeux Olympiques et de la Coupe du monde de rugby (prévus en 2024 et 2023 respectivement). La bonne excuse, c’est celle du financement du sport à l’échelle locale… Un petit paquet de clopes avec tout ça, histoire de mater le match pépère ?
 
La proposition suggère d’étendre la dérogation qui a cours : les associations sont autorisées à vendre de l’alcool dix fois par an. L’idée serait de l’étendre aux sociétés sportives. Et puis allez, rajoutons un peu de pub en prime, histoire de se mettre dans le bain un peu plus jeune ! La proposition de loi a en tout cas été accueillie avec une bronca provenant de toutes parts, addictologues en premier lieu. Et la ministre, en miroir, a reçu des éloges pour son opposition.

Claude Evin, dont la loi éponyme est marquée à la culotte par les alcooliers qui n’ont de cesse de tenter de la faire plier, a lui-aussi réagi. Sans doute vexé des attaques répétées en prolongation sur sa loi ; des attaques pour la consommation dans les stades, mais aussi pour la publicité sur le vin, la bière, les spiritueux à la TV à la radio ou sur les affichages publics… Tout est bon à tenter.

Un partout, balle au centre ? Il est à espérer que ce plaquage cathédrale de la ministre ne soit pas sanctionné par une exclusion temporaire. Ou par une relégation sur le banc de touche.
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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