Accusée de harcèlement et de détournement, Catherine Latger, directrice du CH de Neuilly, répond

Dans un article du Parisien publié il y a cinq jours, la directrice du centre hospitalier de Neuilly (centre hospitalier Rives de Seine) Catherine Latger, par ailleurs vice-présidente du syndicat des managers publics de santé (SMPS), est accusée de harcèlement moral par un médecin, mais aussi de détournements de fonds public, de l’ordre de 300 000 euros : en fait, on l’accuse de loger dans un appartement du parc privé plutôt que de choisir de loger dans l’appartement de fonction du centre hospitalier. Depuis, la directrice de l’hôpital a reçu le soutien du CHSCT de son établissement, ainsi que de la CME qui ont publié des communiqués pour prendre sa défense.

Interview d’une directrice dans la tourmente...

What’s up Doc. Vous êtes accusée de harcèlement par un médecin de votre établissement. Qu’est est-il ?

Catherine Latger. Le sujet est plus large que cela et dure maintenant depuis plusieurs années. Je suis arrivé dans cet établissement en 2012 et lui a été nommé président de la CME en 2015. Comme beaucoup d’établissements, nous avons du affronter un plan de retour à l’équilibre et les problèmes avec ce chef de service se sont cristallisés autour de ce plan. Il s’est isolé alors que nous avons réussi à relancer l’établissement grâce à l’activité. Mais lui est resté dans l’obstination, et s’est vécu comme une victime. Alors que dans les faits, c’est l’inverse qui s’est passé. Le CHSCT a lancé une enquête en septembre 2018, concernant le service de ce médecin. Au cours de cette enquête, deux médecins sont venus me demander la protection fonctionnelle, que je leur ai accordé. Il n’y a pas eu de plaintes, j’estime que c’est dû à la peur qu’ils ont ressenti. En avril 2019, du fait de son attitude belliqueuse, les membres de la CME ont démissionné. Finalement, pour apaiser la situation, il a accepté de démissionner de son poste de président de CME en mai 2019. Par ailleurs, pour des raisons uniquement professionnelles, je l’ai démis de ses fonctions de chef de pôle en mars 2019. Il se présente comme une victime d’un système alors que dans les faits c’est tout l’inverse qui se passe.

WUD. Dans l’article du Parisien, on vous reproche également d’avoir choisi un appartement dans le parc privé plutôt que de reprendre l’appartement de fonction, ce qui a occasionné des frais dispendieux ?

C. L. Quand j’ai été nommé en 2012, j’ai visité les locaux de logement de fonction et j’ai pu constater la vétusté des lieux : toiture, ventilation, plomberie… Les travaux étaient importants, de l’ordre de 300 000 euros. Il était tout à fait improbable d’engager de telles sommes, j’en ai d’ailleurs référé au président du conseil de surveillance qui n’est autre que le maire de Courbevoie. D’ailleurs, dans le même bâtiment où se trouvait les appartements de fonction, étaient aussi installés des consultations qu’il a fallu déménager en 2013, du fait de la vétusté du bâti. Ironie de l’histoire : les consultations déménagées étaient celles du chef de service qui m’accuse !!

WUD. Comptez-vous entamer des procédures suite à la publication de cet article ?

C. L. Nous avons dénoncé les méthodes de votre confrère du Parisien, qui nous a contacté deux heures avant la publication de son papier. Nous étudions toutes les voies de droit pour la manifestation de la vérité. Par ailleurs, l’article en question mentionne des plaintes dont nous n’avons pas encore connaissance, mais nous sommes sereins sur le fond.

WUD. Quelle est la situation du médecin qui vous accuse actuellement ?

C. L. Il fait actuellement l’objet d’une procédure contradictoire afin qu’il ne poursuive pas ses fonctions de chef de service. Cette procédure a débuté avant la publication dudit article et elle a été initiée par la communauté médicale, mais c’est maintenant à la direction de prendre une décision. Nous verrons dans les jours prochains ce que nous décidons, mais nous dissocions cette affaire de la publication de l’article du Parisien.

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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