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Depuis le 13 octobre, les praticiens libéraux peuvent s'approvisionner en vaccins contre la grippe saisonnière et le Covid-19, les conserver dans leur cabinet et les administrer directement à leurs patients, sans que ces derniers aient à passer préalablement par une pharmacie.
Prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, cette possibilité a été précisée par un arrêté et un décret, publiés au Journal officiel les 10 et 11 octobre. Elle concerne également les infirmiers libéraux, les sages-femmes libérales et les centres de santé.
« Le médecin volontaire devra donc avancer le coût d'un vaccin "gratuit" »
MG France
Si l'objectif est de simplifier le parcours vaccinal, les modalités retenues sont loin de satisfaire les syndicats. MG France, qui réclame depuis plusieurs années la possibilité de disposer de vaccins directement au cabinet, dénonce un dispositif « construit en dépit du bon sens ».
En cause : les médecins volontaires doivent acheter eux-mêmes les vaccins en pharmacie, au moyen d'une commande à usage professionnel.
Pour les vaccins contre la grippe, ils doivent avancer le prix des doses, avant de pouvoir facturer une majoration correspondant à leur prix public TTC, en complément de leur acte habituel.
« Le médecin volontaire devra donc avancer le coût d'un vaccin "gratuit" puis se le faire rembourser ensuite par l'Assurance Maladie », déplore MG France, qui redoute que peu de praticiens acceptent de se lancer dans cette démarche.
Pour les vaccins contre le Covid-19 issus du stock de l'État, la majoration est fixée à 0,02 euro jusqu'à épuisement de ce stock.
Gestion des stocks non rémunérée
La CSMF partage les réserves de MG France, en insistant sur les contraintes matérielles et financières imposées aux praticiens, qui doivent notamment assurer le transport des doses, respecter la chaîne du froid et disposer d'un équipement de réfrigération permettant de surveiller et d'enregistrer la température.
Les médecins doivent également respecter les conditions techniques applicables à la vaccination en officine, notamment en matière d'aménagement des locaux, de matériel d'urgence, d'élimination des déchets et de traçabilité.
Or, souligne la CSMF, le remboursement du vaccin ne prévoit aucune marge permettant de financer cette organisation. Les doses perdues ou périmées restent également à la charge des praticiens.
« Les médecins qui s'engagent dans la vaccination au cabinet ne doivent pas en supporter seuls le coût et le risque », estime le syndicat, qui recommande aux praticiens de commander au plus juste et de vérifier préalablement que leur cabinet répond aux exigences réglementaires.
La CSMF indique avoir saisi le ministère de la Santé pour obtenir une rémunération spécifique de la gestion des stocks.
De son côté, MG France regrette que « les intérêts des patients et de la santé publique ne soient pas prioritaires », accusant le ministère d'avoir privilégié la préservation du circuit actuel de distribution des vaccins.