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Selon Le Journal du Pays Yonnais, le praticien, présenté comme appartenant à la Fraternité Saint-Pie X, un courant catholique traditionaliste proche de l’extrême-droite, est mis en cause pour une « attitude inappropriée » et pour avoir remis en cause « l’automaticité de la pratique vaccinale ».
Un patient l’accuserait de s’afficher « clairement anti-vaccins », tandis qu’un autre affirmerait qu’il serait « contre toute vaccination » et invoquerait sa « liberté de prescription ».
Le conseil départemental de l’Ordre des médecins de Vendée reproche notamment au praticien un « schéma vaccinal pas du tout respecté » chez un enfant âgé de 0 à 2 ans, avec des « retards de vaccination, voire pas de vaccination du tout », selon les éléments rapportés à l’audience, qui s’est tenue le 24 juin.
Un second signalement émane d’un couple qui se serait vu refuser une vaccination contre les infections à papillomavirus humain pour leur fils, les obligeant à consulter un autre médecin.
Le praticien conteste tout refus de vaccin obligatoire
En France, plusieurs vaccinations sont obligatoires chez l’enfant, sauf contre-indication médicale reconnue, dont celles contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole ou encore certaines infections invasives.
Depuis janvier 2025, les vaccinations contre les méningocoques ACWY et B sont également obligatoires chez tous les nourrissons, portant à 15 le nombre de maladies contre lesquelles les enfants sont protégés.
Le médecin mis en cause conteste avoir refusé des vaccins obligatoires. « Il y a eu refus chez moi de faire des vaccins recommandés mais, à aucun moment, je n’ai refusé un vaccin obligatoire », a-t-il déclaré à l’audience, selon Le Journal du Pays Yonnais. Son avocat a également plaidé la nullité de la procédure, au motif qu’aucune conciliation préalable n’aurait été organisée par le conseil départemental de l’Ordre.
Devant la chambre disciplinaire, le praticien a expliqué exercer auprès de patients parfois très méfiants vis-à-vis de la vaccination, notamment dans son milieu religieux. « Comme on a les mêmes convictions religieuses, ils partent du principe que j’ai les mêmes convictions anti-vaccins », a-t-il affirmé, tout en disant adopter une « attitude de patience » pour tenter de convaincre les réfractaires.
Il a reconnu une « petite négligence » dans le suivi d’un enfant non vacciné, mais pas de « grosse carence ». Il a aussi indiqué ne pas avoir « l’habitude de signaler » au procureur les parents refusant de vacciner leurs enfants, expliquant craindre qu’ils se « braquent » et sortent du suivi médical.
Le conseil départemental de l’Ordre estime pour sa part que le praticien a fait courir à ses patients « un risque non justifié ». La chambre disciplinaire a mis sa décision en délibéré et devrait être rendue à la fin de l’été, selonle journal.