Un des médecins qui avait dénoncé le harcèlement en neurochirurgie au CHU de Rennes dans la presse écope d’un blâme ordinal

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Un ancien médecin du service de neurochirurgie du CHU de Rennes, aujourd’hui installé à Nantes, a reçu un blâme de la chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins des Pays de la Loire. Il fait partie des praticiens qui avaient publiquement critiqué le management de l’ancien chef de service dans le contexte des accusations de harcèlement ayant secoué le CHU rennais. La sanction a fait l’objet d’un appel.

Un des médecins qui avait dénoncé le harcèlement en neurochirurgie au CHU de Rennes dans la presse écope d’un blâme ordinal

© Midjourney x What's up Doc

L’affaire remonte à l’automne 2023. Une enquête pénale avait été ouverte autour du service de neurochirurgie du CHU de Rennes, après des signalements visant notamment des faits présumés de harcèlement moral au travail, de harcèlement sexuel et d’outrage sexiste. Plusieurs soignants avaient ensuite témoigné dans la presse, dénonçant des brimades, des humiliations et des violences verbales. 

Le parquet de Rennes avait déjà classé l'enquête sans suite

En septembre 2025, le parquet de Rennes a classé l’enquête sans suite. L’enquête avait confirmé une dégradation évidente des conditions de travaildans le service, sans toutefois réunir les critères pénaux d’un harcèlement managérial. Les faits dénoncés comme relevant du harcèlement sexuel ou de l’outrage sexiste n’ont pas été matériellement démontrés, ou n’ont pas été retenus sous ces qualifications. 

Le nouvel épisode se joue donc sur un autre terrain : celui de la déontologie médicale. L’Ordre reproche au médecin sanctionné la manière dont il aurait mis en cause publiquement un confrère. Le code de la santé publique impose en effet aux médecins d’entretenir entre eux des « rapports de bonne confraternité ».

Mais cette décision soulève une question sensible pour l’hôpital : jusqu’où un médecin peut-il alerter publiquement sur un climat de travail qu’il juge délétère sans s’exposer à une sanction disciplinaire ? Le blâme n’interdit pas d’exercer, mais il marque la reconnaissance d’une faute déontologique par la juridiction ordinale de première instance.

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Dans un dossier déjà classé sans suite au pénal, cette sanction risque d’être lue par certains soignants comme un signal dissuasif : parler publiquement des dysfonctionnements d’un service peut avoir un coût professionnel. À l’inverse, l’Ordre rappelle implicitement qu’une alerte ne dispense pas de respecter la présomption d’innocence, la mesure des propos et les règles de confraternité.

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