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Selon Actu Paris, qui a repéré la décision rendue le 16 avril 2026, le PU-PH concerné est le Pr Alexandre Mignon, anesthésiste-réanimateur médiatique exerçant à l’hôpital Bichat (AP-HP).
La juridiction disciplinaire spéciale pour personnels hospitalo-universitaires (JDHU) lui avait infligé un simple blâme le 28 janvier 2025. Le ministère de la Santé avait alors formé un pourvoi pour obtenir l’annulation de cette décision.
Propos jugés homophobes
Parmi les faits retenus figuraient des messages publiés en août 2023 sur X, d’une « particulière vulgarité et crudité » et, pour certains, « outrageants et à caractère homophobe », selon les termes du Conseil d’État.
Il s’en était notamment pris aux personnes LGBT, qualifiées de « fiottes », de « trans » ou encore de « fins de race », dit du gouvernement qu’il était composé de « LGBT qui n’assument pas », et relayé plusieurs photomontages visant des femmes politiques.
D’après Actu Paris, les messages visaient notamment un jeune médecin anesthésiste et comportaient plusieurs insultes homophobes. Le professeur avait fait valoir qu'il les avait écrits pendant une période « d’inactivité exceptionnelle », qu’il s’était ensuite excusé et que certains échanges avaient été rendus publics par leur destinataire.
Ces circonstances ne suffisent cependant pas à justifier la faiblesse de la sanction, selon le Conseil d’État, Au regard de « la nature de ces faits, de leur gravité et des devoirs qui s’attachent à la fonction de professeur des universités-praticien hospitalier », le blâme constituait une sanction « hors de proportion avec les fautes commises », écrit-il.
Danse au bloc après l'opération
Le dossier concernait également une intervention chirurgicale d’avril 2023, à la fin de laquelle le praticien était monté sur un tabouret pour danser, avait posé un pied sur un respirateur et manipulé un scialytique, faisant tomber de la poussière sur le patient tout juste opéré.
La JDHU n’avait pas considéré ce comportement comme fautif, notamment parce que l’anesthésiste était « parfois amené à monter sur un tabouret pour regarder de l’autre côté du champ opératoire qui sépare l’équipe d’anesthésie et l’équipe chirurgicale », mais aussi parce que l’incision du patient était déjà refermée et qu’aucun élément ne démontrait qu’il avait effectivement été mis en danger.
Le Conseil d’État a rejeté ce raisonnement : un tel comportement constituait « en lui-même un manquement aux règles d’hygiène et de sécurité », indépendamment de l’existence ou non d’un risque avéré pour le patient.
Le Conseil d’État a donc annulé la décision du 28 janvier 2025 et renvoyé l’affaire devant la juridiction disciplinaire, qui devra statuer de nouveau.
Il relève par ailleurs que le médecin avait écopé en juin 2025, devant la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins d’Île-de-France, une interdiction d’exercer de six mois avec sursis pour les mêmes publications sur X.
Avec AFP
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