À Toulouse et Rennes, les médecins des urgences en première ligne face aux fortes chaleurs

Article Article

Les services d’urgence de Toulouse et Rennes tiennent bon pour l’heure face à la canicule, grâce à une bonne anticipation et une meilleure adaptation depuis l’épisode mortel de 2003, craignant toutefois un afflux de patients lorsque les fortes chaleurs auront eu raison de la résistance des organismes.

À Toulouse et Rennes, les médecins des urgences en première ligne face aux fortes chaleurs

© Midjourney x What's up Doc

À Rennes, où plus de 40 degrés étaient à nouveau attendus mardi après-midi, le Samu-SAS, qui associe urgentistes et médecine de ville, croule sous les appels liés à la canicule.

Lundi, troisième journée la plus chaude jamais observée dans l’Hexagone, selon Météo-France, un record absolu de 40,6 °C a été enregistré dans la capitale bretonne. Le Samu y a reçu « 38 % d’appels en plus » qu’à la même date l’an dernier, explique le Pr Louis Soulat, chef des urgences de Rennes, soit près de 2 500 appels sur le département, gérés par une équipe pouvant aller jusqu’à 12 opérateurs.

En Bretagne, « on n’a pas l’habitude de ces chaleurs », poursuit Louis Soulat, également membre du conseil d’administration du syndicat Samu-Urgences de France (SUDF). À ce stade, aucune hausse de la mortalité n’est constatée.

Cette canicule est d’une intensité « exceptionnelle, similaire à celle d’août 2003 », qui avait fait près de 15 000 morts en France, selon Météo-France.

« Mais par rapport à août 2003, on a beaucoup moins d’appels pour les personnes retrouvées décédées chez elles », explique encore Louis Soulat. « Il y a eu un travail de fait pour les personnes isolées, pour les personnes en Ehpad où il y a des chambres de rafraîchissement et des conseils de réhydratation. »

Les appels s’enchaînent

Au centre de régulation du Samu de la Haute-Garonne, le nombre d’appels a augmenté d’environ 10 % dimanche, lorsque le département a été placé, avec des dizaines d’autres, en vigilance rouge canicule. Un appel à volontaires a été lancé pour gérer la surcharge, qui pourrait s’accentuer dans les jours qui viennent, explique Cédric Nouzières, cadre de santé au Samu 31.

Si les appels ne concernent pas systématiquement des coups de chaud, l’influence des chaleurs extrêmes se fait ressentir.

Ici, une mère s’inquiète que son nourrisson de 22 mois affiche une fièvre à 42 degrés malgré la climatisation de la crèche. Là, une dame décrivant une forte douleur à la poitrine explique dormir à l’hôtel pour profiter d’une chambre climatisée. D’autres s’alarment de n’avoir aucune nouvelle de leurs proches par ces températures, ou d’un homme sans abri dont ils ont pris l’habitude de s’occuper.

Une urgence en vol

Soudain, arrive un appel à propos d’un homme de 82 ans tombé d’une échelle, après un probable malaise lié à la chaleur. Selon les premiers secours, il présente des douleurs au poignet et à la poitrine, et ses pupilles ne réagissent pas. Un médecin et une infirmière sont immédiatement dépêchés par hélicoptère.

Sur le toit, en attendant leur arrivée, l’un des deux pilotes constamment en alerte au CHU de Toulouse prépare son hélicoptère. Il débranche notamment l’appareil portatif de climatisation qui permet de maintenir l’habitacle à des températures non dommageables pour les médicaments conservés à bord.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/quest-ce-que-le-plan-orsan-actionne-par-le-gouvernement-pour-faire-face-la-canicule

Sortir devient risqué

« De 11 h jusqu’à 15 h, il faut essayer au maximum d’éviter de sortir » et boire « deux, voire trois litres par jour », souligne le Dr Paul-Henri Auboiroux, médecin urgentiste et responsable d’une des unités des urgences du CHU de Purpan, à Toulouse.

Yvette, 92 ans, s’est ainsi retrouvée lundi soir aux urgences toulousaines. « La chaleur est pour moi un ennemi juré », confie cette senior qui fait de l’hypertension.

Visiblement fatiguée, elle parle doucement et ferme les yeux. « Je bous (...) j’ai une sensation de chaleur effrayante alors que la clim est à 23 °C dans la pièce. Et moi, je ressens comme si j’avais 40 °C », raconte-t-elle.

Chez soi, la fournaise

Kévin Sand, responsable d’une équipe de maintenance âgé de 31 ans, a lui été admis pour d’incessants vomissements qu’il attribue à la chaleur de son logement, sous les combles et non climatisé.

« J’ai peur de rentrer chez moi en sachant que dans deux jours, je peux très bien revenir pour les mêmes raisons », confie le jeune homme tatoué, aux cheveux longs ramenés en queue de cheval. « Je ne peux pas vivre dans des conditions comme ça tout un été dans un appartement à plus de 30 °C. Ce n’est pas possible. »

Avec AFP

Aucun commentaire

Les gros dossiers

+ De gros dossiers