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« Touche pas à mon agence! », « Santé publique France, refusons le silence », ont clamé des salariés rassemblés pour « dire NON au projet de démantèlement », à l’appel d’une intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, SNAPA) et du collectif des agents de SpF « Santé publique en danger ».
Une mobilisation « inédite », selon eux, également marquée par une journée de grève et le soutien d’un collectif réunissant les syndicats de 16 agences et opérateurs d’Etat (Anses, OFB, Météo France...).
Une délégation a été reçue à la commission des Affaires sociales.
« L’Assemblée nationale est dépossédée du débat autour de la santé publique: on nous retire des missions essentielles par décisions interministérielles », a dit à l’AFP Olivier Delmer, un représentant du personnel au conseil d’administration de SpF.
Retour aux années 50
Depuis janvier, personnels et représentants de SpF s’inquiètent du projet gouvernemental d’amputer l’agence de deux missions : les campagnes de prévention et la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire, transférées principalement au ministère de la Santé.
« Mais la communication gouvernementale n’a rien à voir avec les campagnes de prévention santé, qui nécessitent que soient réunies des compétences : la surveillance épidémiologique, les spécialistes des comportements de santé et ceux de la communication en santé », selon Olivier Delmer.
Pour le député écologiste Hendrik Davi, administrateur de SpF, « ce projet extrêmement grave » va affecter « la confiance des citoyens » envers les campagnes de prévention, cruciale sur la « vaccination » notamment.
« S’ils pensent que ces campagnes sont là pour satisfaire les avantages de certains lobbys ou faire respecter les avantages, ou les opinions, de certains politiciens, elles ne marcheront pas », a-t-il prévenu.
Luc Ginot, ex-directeur de la santé publique à l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, a déploré un retour « à une vision autoritaire de la santé publique, des années 1950, qui n’a jamais marché ».
Le Pr Serge Hercberg, nutritionniste cocréateur du Nutri-Score, a pointé « une volonté politique de reprendre en main un certain nombre de messages qui déplaisent à des opérateurs économiques. On l’a vu avec les campagnes 'Dry january' censurées; demain, cela peut être sur le tabac, l’environnement, le Nutri-Score... Ce serait dramatique ».
Un collectif de 350 acteurs de santé publique a dénoncé mi-février dans Le Monde cette réorganisation, présentée par le gouvernement comme un « recentrage stratégique » visant une meilleure « efficacité ».
Avec AFP
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