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Une « journée de mobilisation » est ainsi organisée mardi, avec un rassemblement prévu à 14 h aux abords de l'Assemblée nationale, précise un communiqué commun du collectif « Santé publique en danger » et des syndicats de l'agence réunis en intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, SNAPA).
Depuis janvier, les personnels de l'agence et leurs représentants s'inquiètent de la « décision du gouvernement de récupérer des missions essentielles » de SdF : celle-ci perdrait la main sur des campagnes de prévention ainsi que sur la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire, qui seront « transférés » au ministère de la Santé et à la Caisse nationale d'assurance maladie.
Une décision contestée
« La décision du gouvernement de transférer une partie des missions fondatrices de l'agence directement sous la coupe du ministère de la Santé a été prise de manière unilatérale, en toute opacité et sans fondement scientifique », s'alarment-ils.
« Après l'annulation de campagnes de prévention sur l'alcool, le rejet par l'Assemblée nationale du projet de loi visant à rendre l'affichage du Nutri-Score obligatoire, le blocage de la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat, cette décision affaiblit encore la santé publique et la prévention, en ouvrant le champ à la pression des agendas politiques et des lobbies », affirment-ils.
Ils craignent notamment que soient « pass(és) sous silence les sujets de santé sensibles tels que santé sexuelle, addictions ».
Le collectif d'agents et l'intersyndicale demandent « l'abandon pur et simple de ce projet gouvernemental », dénonçant une décision prise « sans débat transparent, contradictoire » et fondée sur l'expertise scientifique.
Car « les agences sanitaires ont été créées à la suite de scandales sanitaires pour être des structures indépendantes du pouvoir politique, transparentes et collégiales : elles ont pour missions d’éclairer scientifiquement les décisions politiques sans en dépendre ni subir la pression des lobbies ».
De son côté, le gouvernement évoque un « recentrage stratégique » de Santé publique France visant une meilleure « efficacité », avait justifié le 17 février Stéphanie Rist devant les députés.
Un collectif de 350 acteurs de santé publique a dénoncé mi-février cette réorganisation de SpF, appelant à préserver son rôle dans les campagnes de prévention, dans une tribune publiée dans Le Monde.