© Institut de la main et de l'épaule / iStock
Carlos Alcaraz, qui n'a plus joué depuis avril, a de nouveau repoussé sa reprise en raison d'une blessure au poignet droit. La presse espagnole évoquait une ténosynovite. De quoi s'agit-il ?
Christophe Mathoulin : Le terme ténosynovite seul ne veut rien dire, ça signifie inflammation d'un tendon, en général la plus célèbre c'est ce qu'on appelle la ténosynovite de De Quervain, qui est l'inflammation du tendon long abducteur du pouce. Je ne connais pas le dossier d'Alcaraz, mais en général les joueurs de tennis de ce niveau font des ruptures du ligament triangulaire. C'est le ligament qui attache l'ulna au radius, donc le diagnostic est souvent confondu avec une ténosynovite de l'extenseur carpi ulnaris. On a opéré beaucoup de joueurs pour ça.
Ces lésions sont-elles dues à la répétition d'un mouvement ?
CM. : Non, pas forcément, ça peut-être un accident parce que le joueur a fait un smash trop fort ou un coup dans une mauvaise position. lls ont des coups qui sont absolument diaboliques, d'une puissance qui n'a rien à voir avec la façon dont, nous, nous jouons au tennis.
Comment pose-t-on le diagnostic de ces lésions ?
CM. : Une simple lésion du ligament triangulaire se diagnostique par l'IRM éventuellement mais c'est surtout l'arthroscopie qui permet de faire le diagnostic et le traitement dans le même temps et ça marche très bien. Les deux (lésion du ligament triangulaire et ténosynovite de De Quervain) sont des diagnostics relativement faciles à faire.
Et comment les traite-t-on ?
Le traitement dépend de chaque joueur, ça peut être du repos mais s'il s'agit d'une lésion du ligament triangulaire, il faut la réparer et c'est à l'hôpital par technique arthroscopique. Si le joueur est opéré, dans le cas d'une lésion du ligament triangulaire, c'est un mois et demi d'immobilisation stricte, début de rééducation douce et pas de reprise de tennis de compétition avant 3 à 6 mois. Ces blessures sont parfois longues à soigner.
Et si le problème est récurrent ?
CM. : Si jamais le joueur a une ténosynovite à répétition au niveau du long abducteur (ténosynovite de De Quervain), là c'est beaucoup plus ennuyeux parce que ça veut dire qu'il faudrait l'opérer pour agrandir sa poulie - la structure fibreuse située dans la gaine où coulissent les tendons du doigt - mais on peut arriver à la traiter.
Certains joueurs comme Juan Martin Del Potro ou Dominic Thiem ont vu leur carrière régulièrement perturbée par des blessures au poignet et ont fini par raccrocher. Est-ce que, parfois, on ne parvient pas à soigner ?
CM. : Il n'y a pas de raison que ça ne se soigne pas. Souvent, ils arrêtent aussi pour d'autres raisons, la lassitude, le stress de la compétition.
Avec AFP
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