Pourquoi les médecins sont-ils condamnés ? Les erreurs médicales qui reviennent, spécialité par spécialité

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Défaut d’information chez les chirurgiens, erreurs ou retards diagnostiques chez les généralistes, antibioprophylaxie oubliée en anesthésie, mauvaise interprétation d’un examen en radiologie… L’analyse des condamnations civiles enregistrées par la MACSF en 2025 fait ressortir des motifs très différents selon les spécialités.

Pourquoi les médecins sont-ils condamnés ? Les erreurs médicales qui reviennent, spécialité par spécialité

© Midjourney x What's up Doc

Chirurgiens : information, complications postopératoires et erreurs techniques

Pour les chirurgiens, le défaut d’information du patient reste l’un des principaux motifs de condamnation, quelle que soit la spécialité.

Dans une affaire examinée en 2025, le juge a notamment considéré qu’une information délivrée avant une intervention sur une première épaule ne dispensait pas le chirurgien de la renouveler avant l’intervention sur la seconde. En chirurgie esthétique, où l’obligation d’information est renforcée, une information insuffisante peut conduire à l’indemnisation d’une perte de chance mais aussi d’un préjudice d’impréparation.

Autre source récurrente de condamnations : la gestion des complications. La MACSF relève des retards dans le diagnostic ou la prise en charge d’infections, des complications postopératoires insuffisamment prises en charge, des avis spécialisés non demandés, des sorties trop précoces ou assorties de consignes insuffisantes, ainsi que des retards à la reprise chirurgicale.

S’ajoutent les indications opératoires mal posées et les erreurs techniques. Deux dossiers d’orthopédie sont particulièrement parlants : dans l’un, l’intervention a été réalisée sur une partie saine de la main au lieu du kyste d’un doigt ; dans l’autre, le mauvais genou a été opéré.

Généralistes : le retard diagnostique en première ligne

Pour les médecins généralistes, les condamnations concernent d’abord les erreurs et retards de diagnostic. La MACSF retrouve plusieurs mécanismes : attentisme, absence de recours à un spécialiste, examen clinique inexistant ou trop sommaire.

L’absence de prescription d’examens complémentaires apparaît également parmi les motifs de condamnation, tout comme la prescription de médicaments contre-indiqués ou inadaptés.

Trois condamnations ont par ailleurs été prononcées à la suite d’actes esthétiques réalisés par des généralistes : cryolipolyse, épilation laser et mésothérapie.

Un dossier concerne directement la téléconsultation. Le médecin a été condamné pour avoir continué à proposer des consultations à distance alors que l’évolution de l’état de santé du patient aurait dû conduire, selon la décision, à une consultation au cabinet avec examen clinique complet.

La MACSF note en revanche moins de condamnations pour des manquements à la tenue du dossier médical qu’en 2024.

Anesthésistes-réanimateurs : l’antibioprophylaxie reste le premier motif

En anesthésie-réanimation, la première source de condamnation en 2025, comme en 2024, est l’absence de prescription d’une antibioprophylaxie ou d’une antibiothérapie.

Deux décisions ont également retenu conjointement la responsabilité de l’anesthésiste et celle du chirurgien. Dans la première, une erreur de côté avait conduit à l’opération du genou droit au lieu du gauche. Dans la seconde, la condamnation concernait la surveillance d’une intervention sous circulation extracorporelle.

Pour la MACSF, ces décisions rappellent que la répartition des tâches au sein d’une équipe n’exonère pas nécessairement chacun de ses membres lorsqu’une anomalie aurait dû conduire à réagir.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/erreurs-medicales-pourquoi-les-condamnations-des-medecins-coutent-de-plus-en-plus-cher

Radiologues : les erreurs d’interprétation en cause

En radiodiagnostic et imagerie médicale, les condamnations sont majoritairement liées à des erreurs d’interprétation.

Radiographies, IRM ou scanners : une anomalie non repérée ou mal interprétée peut conduire à une erreur diagnostique puis à un retard de prise en charge préjudiciable au patient.

Ce n’est donc pas seulement l’interprétation incorrecte de l'image qui est sanctionnée, mais les conséquences qu’elle entraîne sur la suite du parcours de soins.

Gynécologues-obstétriciens : la surveillance de l’accouchement au cœur des dossiers

En gynécologie-obstétrique, les condamnations concernent principalement les complications de l’accouchement et les erreurs diagnostiques.

La MACSF cite notamment des souffrances fœtales non détectées ou insuffisamment prises en charge, des difficultés liées à l’utilisation de forceps ou encore l’absence de programmation d’une césarienne pourtant nécessaire.

Ces dossiers peuvent entraîner des indemnisations particulièrement lourdes lorsque le retard de prise en charge laisse à l’enfant des séquelles neurologiques majeures. Deux des trois indemnisations les plus élevées recensées par la MACSF en 2025 impliquent ainsi des gynécologues-obstétriciens dans des accidents survenus lors d’accouchements.

L'analyse porte sur les condamnations civiles enregistrées en 2025 dans les dossiers suivis par la MACSF auprès de ses sociétaires. Elle ne constitue donc pas un recensement exhaustif de l’ensemble du contentieux médical français.
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