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Le praticien, désigné comme Stéphane R., est soupçonné d’avoir agressé plusieurs femmes pendant des interventions réalisées dans une clinique du Mans, dans la Sarthe. Quatre patientes ont déposé plainte et un juge d’instruction a ordonné son renvoi devant la cour criminelle, une décision dont le médecin a fait appel, selon une enquête publiée par Le Parisien.
Deux infirmières avaient donné l’alerte en juin 2022. Elles affirmaient avoir surpris le chirurgien en train de pénétrer digitalement des patientes endormies, en dehors de toute justification médicale. Les faits présumés auraient commencé en 2021 et se seraient poursuivis l’année suivante.
Des photographies à caractère sexuel de patientes avaient également été découvertes dans son téléphone. Le médecin aurait reconnu avoir pris ces clichés sans le consentement des femmes concernées, tout en invoquant un « projet artistique ». Il demeure présumé innocent tant qu’il n’a pas été définitivement condamné.
Une interdiction judiciaire limitée
Placé sous contrôle judiciaire en décembre 2022, Stéphane R. s’était d’abord vu interdire d’exercer comme chirurgien et de retourner dans son ancienne clinique. Cette décision ne lui interdisait toutefois pas de poursuivre des consultations médicales.
En février 2023, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers avait encore assoupli ces restrictions. Elle lui avait interdit d’opérer des femmes et d’exercer dans son ancien établissement, mais l’autorisait à pratiquer des interventions sur des patients masculins.
Son avocat, Nicolas Calderero, assure toutefois que le praticien avait choisi de ne plus réaliser aucune opération : « Pour éviter tout débat, mon client a pris la décision de ne plus opérer qui que ce soit », a-t-il déclaré au Parisien.
Le médecin s’est ensuite installé à Sarcelles, où il recevait de nouveaux patients depuis 2023. Son profil sur la plateforme Doctolib était toujours accessible et un secrétariat assurait la prise de rendez-vous. À la fin du mois de juin, les patients étaient informés que les consultations étaient interrompues pour des « soucis personnels ».
L’avocat d’une plaignante, Jonathan Proust, dit avoir découvert avec étonnement la poursuite de cette activité. « À notre grande surprise, nous avons appris qu’il exerçait toujours dans un autre département », a-t-il expliqué, ajoutant que cette situation avait « beaucoup choqué les parties civiles ».
L’Ordre invoque une politique de « tolérance zéro »
Le Conseil de l’Ordre des médecins du Val-d’Oise a finalement engagé une procédure d’urgence et privé temporairement Stéphane R. de son droit d’exercer. Le praticien a formé un recours administratif contre cette mesure.
Sa défense affirme qu’il a toujours respecté les obligations de son contrôle judiciaire. « Il n’a jamais été question d’arrêter les consultations », soutient Nicolas Calderero, selon lequel aucun patient reçu dans le Val-d’Oise n’aurait signalé de difficulté.
L’avocat dénonce une décision susceptible de donner « l’image de quelqu’un de déjà condamné ». Il rappelle qu’une première procédure de suspension, engagée à la fin de l’année 2025, avait ensuite été annulée.
L’Ordre assume pour sa part son intervention. « Cette démarche s’inscrit dans la politique de tolérance zéro désormais systématiquement mise en œuvre par l’institution ordinale dans toute affaire de violences, quelle qu’en soit la nature, impliquant un médecin », a-t-il indiqué.
Une audience doit se tenir en septembre devant la juridiction d’Angers afin de déterminer si le chirurgien sera effectivement jugé par une cour criminelle. La date d’un éventuel procès n’est pas encore fixée.