Main aux fesses, palpation des seins inadaptée, pouce sur le clitoris : 3 ans de sursis requis contre un médecin lillois

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"Main aux fesses", "palpations des seins inadaptée", "pouce sur le clitoris" : le parquet a requis mardi 8 mars, trois ans de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer contre un médecin généraliste jugé pour des agressions sexuelles sur quatre patientes.

Main aux fesses, palpation des seins inadaptée, pouce sur le clitoris : 3 ans de sursis requis contre un médecin lillois

Le praticien n'est pas un prédateur, pas non plus un frotteur, mais "quelqu'un de familier, dans une trop grande proximité", ce qui peut aller jusqu'au "basculement", par "opportunité", a estimé le procureur. De l’agression sexuelle, clairement, mais pas du viol.

A la barre, le prévenu de 61 ans a nié toute agression, mais reconnu de "possibles" comportements déplacés. "La société évolue, certains gestes peuvent être considérés comme trop familiers, aujourd'hui."

Silhouette frêle sous un carré plongeant violet, une des victimes, alors âgée d'une vingtaine d'années, a témoigné "d'un comportement déplacé" pendant des mois. "Mais il m'a masturbé le clitoris, et m'a demandé “je te fais du bien ?“ Là, c'était plus possible", ajoute-t-elle.

Ce jour de 2015, quand elle se rend chez lui pour "un certificat" après des violences conjugales, il "la regarde" se déshabiller, puis "passe sa main le long de son dos, de sa fesse", avant d'observer ses hématomes, décrit-elle dans sa plainte.

De manière "injustifiée", il lui demande d'enlever son soutien-gorge, palpe ses seins, et parce qu'elle a "récemment eu une grossesse extra-utérine", "insiste" pour "vérifier" les ovaires, par un toucher vaginal. "Il a posé son pouce sur mon clitoris, et il a frotté", racontera-t-elle.

Sur 200 ex-patientes contactées, trois autres portent plainte pour des agressions sexuelles entre 2015 et 2017. Une dizaine évoqueront des comportements "déplacés".

"En m'accompagnant à la porte, il me passait la main dans le dos, jusqu'aux fesses", témoigneront plusieurs femmes.

Selon l'enquête, le médecin appelle ses patientes "cocotte" ou "ma puce", fait la bise, caresse les cheveux ou complimente la poitrine de certaines.

Sur quatre plaignantes, deux sont absentes, l'une d'elles n'ayant "jamais répondu aux convocations", a rappelé le président.

Une deuxième victime, 36 ans au moment des faits, a dénoncé mardi des "mains dans la culotte", des attouchements à la poitrine, aux fesses et au niveau du clitoris. Elle assure avoir un jour "senti une érection" dans son dos.

"C'est faux", réplique le médecin. "Elles le ressentent comme ça", mais "la palpation fait partie des examens" pour certaines pathologies, explique celui qui est interdit d'exercer depuis son contrôle judiciaire en 2017.

L'avocate de l'ordre des médecins a estimé mardi qu'il était "difficile" de déterminer la "limite entre mauvaise pratique médicale, familiarité voire grossièreté" et "gestes délictuels".

Avec AFP

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