L’Isni demande une refonte de la Carmf

La retraite, ca se prépare quand ?

EXCLU - L’Isni a sondé les internes et les médecins post-DES pour savoir s’ils souhaitaient s’affilier à la Carmf. Leurs réponses au sondage, que What’s up Doc s’est procuré, divergent.

Alors, on paie ou on ne paie pas ? La question subsiste, plusieurs mois après le couac de l’affiliation à la Carmf rendue obligatoire par un petit amendement introduit sans bruit dans la LFSS 2018. Il a finalement été rendu caduc par la ministre de la Santé début mai, mais l’Intersyndicale a quand même demandé leur avis à ses adhérents.

Dans un document rédigé par l’Isni, le syndicat communique les résultats : la question de l’affiliation à la Carmf semble faire la quasi-unanimité contre elle chez les internes en cours de DES. Les médecins non thésés, quant à eux, votent plutôt pour.

Un étalement possible

Les internes remplaçants sont « un maillon important du maillage sanitaire en période de vacances notamment », rappelle l’Isni dans un document communiqué à What’s up Doc. Cette activité annexe des stages est utile pour la santé publique, ainsi que pour les internes qui profitent d’un contact avec l’exercice libéral et d’une rémunération pour arrondir leurs fins de mois.

L’amendement furtif a soulevé la question : les internes remplaçants devraient-ils avoir accès à la Carmf ? Leur réponse au sondage de l’Isni est claire : non, à 93 %. « La cotisation des médecins libéraux à leur régime spécifique de protection (la Carmf), via son fonctionnement forfaitaire pendant les deux premières années d’exercice, n’apporte pas une réponse économiquement viable à ce type d’exercice à faible activité », commente l’Intersyndicale. « Une activité de 5 000 euros se transformant comme peau de chagrin ». On comprend la réticence pour ces travailleurs déjà couverts par leur activité hospitalière.

L’activité libérale des internes étant limitée, comme leur rémunération, le paiement de la Carmf reviendrait vite à une opération nulle. Mais la question n’est pas totalement close : une rediscussion de ce fonctionnement en séduirait quelques-uns. Ils sont ainsi 29 % à penser qu’un étalement des montants pourrait les convaincre.


Source : Isni

Le PLFSS 2019 en question
 

En revanche, à la fin du DES, l’histoire n’est plus la même. Pour ceux qui ont choisi de remplacer en libéral en attendant de passer leur thèse, la couverture est pour l’instant inexistante. Ils sont ainsi près de la moitié à penser qu’ils devraient être couverts par la Carmf. Et si l’on aborde la question d’un étalement, le taux de réponses favorables augmente, pour atteindre deux tiers des sondés.
 


Source : Isni

À la lumière de ces résultats, l’Isni demande que les internes remplaçants soient exemptés de cotisation, mais que les médecins non thésés puissent avoir la possibilité de cotiser. Elle espère que cette question, et celle d’une adaptation des montants forfaitaires, sera discutée pour cette population dans la préparation du PLFSS 2019. Il en va notamment du maintien et du développement de cette force de travail, en pleine période de pénurie de libéraux.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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