Les ophtalmos abandonnés par leurs patients

Le syndicat national des ophtalmologues (Snof) s'inquiète de la désertion des cabinets par les patients depuis la déclaration du stade épidémique en France. 

C’est un dommage collatéral de l’épidémie de Covid-19. Les professionnels de santé qui prennent en charge d’autres pathologies que le Covid-19 constatent une désaffection des patients, qui pourrait déboucher sur des pertes de chance. Ainsi le syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) a dévoilé les résultats d’une enquête menée auprès de 1500 ophtalmologistes, dédiée à l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur leurs activités. Premier enseignement de cette étude : les patients se font rares dans les cabinets, ce qui fait dire à Thierry Bour, président du Snof, que la baisse majeure du nombre de consultations en médecine spécialisée « fait craindre de lourdes conséquences sur la santé visuelle des Français si la situation se prolonge ».
Ainsi, si 60% des cabinets restent ouverts, « 82% des ophtalmologistes ont une activité en baisse d’au moins 95% par rapport à leur activité habituelle ». Cette baisse d’activité est due à plusieurs facteurs, selon le SNOF : le déclenchement de la phase 3 et les consignes données par le gouvernement de sortir le moins possible sont à l’origine de cette baisse de la fréquentation des cabinets d’ophtalmologie. Mais aussi la peur d’attraper le virus en consultation explique aussi la baisse de la fréquentation des cabinets, tout comme la peur d’être verbalisé par les forces de l’ordre. 
 

Contre-coup économique

Si les ophtalmos sont si inquiets concernant cette baisse de la fréquentation des cabinets, c’est aussi parce qu’ils en subissent le contre-coup économique : « plus de 9 ophtalmologistes sur 10 privilégient le recours au chômage partiel pour le personnel du cabinet, 37% connaissent des cas d’arrêts maladie dans le cadre de la garde d’enfants, et, dans l’urgence, 18% utilisent des congés payés anticipés pour faire face à cette baisse d’activité. » La grande majorité des rendez-vous a été annulé. « Nous appelons les patients aux pathologies nécessitant un suivi rigoureux ou des soins en urgence de consulter sans délai en cabinet, où toutes les précautions sont prises pour assurer leur sécurité. Il en va de leur santé visuelle. », conclut Thierry Bour.

Lors de sa conférence de presse du 6 avril dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran a rappelé que les consultations médicales devaient être honorées, même pendant la période de confinement. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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