« Les gens veulent tout, tout de suite » : pourquoi ce généraliste breton a quitté son cabinet du jour au lendemain

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Parti presque du jour au lendemain de son cabinet de Dinéault, dans le Finistère, le médecin généraliste Pierre Le Bras affirme avoir pris cette décision après une accumulation d’incivilités, de pressions et d’exigences de la part d’une partie de sa patientèle, au point de vivre son départ comme un « instinct de survie ».

« Les gens veulent tout, tout de suite » : pourquoi ce généraliste breton a quitté son cabinet du jour au lendemain

© ChatGPT

Son départ, intervenu fin juin après deux années d’exercice, avait provoqué la colère du maire et l’incompréhension des habitants. Certains patients avaient découvert la fermeture du cabinet en trouvant porte close, tandis que d’autres avaient vu leurs rendez-vous annulés sur Doctolib.

Près de 1 000 personnes se sont ainsi retrouvées sans médecin traitant, selon Le Télégramme, qui avait révélé l’affaire le 6 juillet.

Une semaine plus tard, le généraliste a souhaité livrer sa version des faits dans une déclaration publiée par le quotidien breton. Il y dément notamment avoir quitté la commune en raison de ses conditions matérielles d’installation.

« La mairie et l’ensemble des acteurs locaux se sont montrés à la hauteur, et je les en remercie sincèrement. Rien de tout cela n’a été reçu avec mépris », affirme-t-il, en réponse au maire Jean-Marc Cornillou, qui avait estimé que la commune vivait ce départ comme une forme de mépris.

Le praticien bénéficiait notamment d’un logement de fonction, d’un cabinet équipé et d’une année de gratuité de loyer.

Des tensions devenues quotidiennes

Pour Pierre Le Bras, la rupture s’explique surtout par une succession de situations devenues difficiles à supporter : demandes d’arrêts de travail sans justification médicale, rendez-vous exigés immédiatement, pressions ou agressivité en cas de refus.

« Prises une à une, ces situations paraissent anodines ; répétées jour après jour, elles finissent par épuiser », écrit-il.

Le témoignage décrit une usure progressive plus qu’un incident isolé. Le médecin affirme avoir choisi Dinéault en connaissance de cause, malgré les mises en garde de confrères sur les difficultés d’un exercice isolé en zone rurale.

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« Derrière un cabinet qui ouvre, il y a près de dix années d’études et de travail : on ne s’en détourne pas de gaieté de cœur », souligne-t-il.

Le généraliste reconnaît toutefois la brutalité de son départ et les difficultés créées pour les patients. Il assure avoir transmis leurs dossiers médicaux aux personnes qu’il suivait régulièrement, afin de limiter les ruptures de soins.

« Responsabiliser les patients »

Au-delà de son cas personnel, Pierre Le Bras met en cause une relation de soins qu’il juge de plus en plus déséquilibrée. Selon lui, la crise de la médecine de proximité ne peut être résolue uniquement en augmentant les moyens ou les obligations pesant sur les praticiens.

« Peut-être serait-il temps de commencer à responsabiliser les patients : tant que le soin sera vécu par certains comme un dû sans limites ni devoirs, aucune mesure ne suffira à retenir durablement les médecins dans nos campagnes », estime-t-il.

Le praticien dit conserver du respect pour la majorité des habitants de Dinéault et assure que sa décision ne vise pas l’ensemble de sa patientèle.

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« Elle est le fruit d’une accumulation, pas d’un ressentiment », conclut-il.

La mairie, qui avait déjà perdu un autre médecin après seulement 17 mois d’exercice en 2022, cherche désormais un nouveau praticien avec l’aide de l’Agence régionale de santé et du CHU de Brest.

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