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En matière de chutes chez les plus de 65 ans, « l'augmentation des taux de mortalité entre 2020 et 2024 est plus importante que ce qui était attendu », résume l'agence de santé publique.
Les chutes sont, de longue date, la première cause de mort accidentelle chez les plus de 65 ans, ce qui a conduit le gouvernement à lancer un plan de sensibilisation en 2022.
Ce dispositif visait à faire reculer de 20 % ces accidents d'ici la fin 2024, mais les chiffres de Santé publique France ne témoignent pas d'une telle inflexion. L'agence prévient toutefois que ses données s'arrêtent trop tôt pour conclure à la réussite ou à l'échec du plan.
Plus de 20 000 personnes de plus de 65 ans sont mortes à cause d'une chute en 2024, soit environ 5 000 de plus qu'en 2019. À titre de comparaison, un peu plus de 3 000 Français sont morts d'un accident de la route en 2024, selon les chiffres de l'Observatoire national de la sécurité routière.
Pas seulement dû au vieillissement
Cette « rupture tendancielle de la mortalité en lien avec une chute est particulièrement marquée chez les plus âgés », la hausse étant beaucoup plus conséquente chez les plus de 85 ans, précise Santé publique France.
Le vieillissement de la population n'explique pas à lui seul la hausse des chutes meurtrières : entre 2019 et 2024, le taux de mortalité par chute rapporté aux plus de 65 ans a augmenté de 18 %.
D'où vient une telle aggravation ? L'agence ne peut que formuler des hypothèses. Elle avance notamment que la période du Covid, au début des années 2020, a peut-être joué à divers titres.
La maladie a pu directement augmenter la fragilité de certains patients âgés. Mais les restrictions sanitaires ont, plus indirectement, potentiellement aggravé « l'inactivité physique et la sédentarité du fait des mesures de distanciation sociale ».
Les chiffres font par ailleurs état de tendances contrastées entre les sexes. Les femmes sont plus souvent hospitalisées à cause d'une chute, mais les hommes en meurent plus.
« Ces données montrent la nécessité de poursuivre la surveillance épidémiologique des décès et des hospitalisations en lien avec une chute et les actions déployées pour diminuer le fardeau des chutes », y compris chez les plus jeunes, conclut Santé publique France.
Avec AFP
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