Les cardios prêts à rentrer en systole pour assurer les urgences

Par leur syndicat national, les cardiologues libéraux se déclarent prêts à s’engager à faire un effort pour faciliter les rendez-vous en urgence. Cela passerait par l’ouverture de plages de consultations non programmées.

« Si on ne répond pas aux besoins de la population, on ne sert à rien ». Ce constat émane de Jean-Pierre Binon, président du Syndicat national des cardiologues (SNC). Pour y répondre, il propose un engagement pour faciliter la prise en charge des urgences chez les cardiologues libéraux « sous 48h ».
 
Cet engagement, c’est celui du SNC qui s’est exprimé dans un communiqué : le syndicat souhaite faire passer ce message auprès de ses adhérents pour les inciter à revoir l’organisation de leurs consultations, afin de laisser des plages libres pour la prise en charge des urgences cardiologiques. Un vœu pieux soumis à la participation volontaire des cardiologues et à celle du ministère de la Santé « pour discuter des modalités de prise en charge ».

« Changement de sensibilité »

« En portant cette parole à nos adhérents, nous souhaitons faire comprendre qu’il y a un problème qui nécessite un engagement sur le territoire », explique à What’s up Doc Jean-Pierre Binon. « Dans le cadre des CPTS, il y a cette notion de soins non-programmés, et il va falloir apprendre à travailler autrement ». Autrement que chacun dans son coin, avec des rendez-vous pris plusieurs mois à l’avance même si, dans les faits, les cardiologues libéraux ne refusent pas les urgences.
 
Certains adhérents pourraient être surpris à la lecture du communiqué un peu inattendu et fracassant. Mais il n’y a pas de raison de s’inquiéter, pour le président du SNC. « Il n’y a pas besoin d’un changement énorme », souligne-t-il. Ce « changement de sensibilité » passerait, bien entendu, par une rémunération en cas de plages non remplies, pour que personne ne soit perdant.

Changement de paradigme

Plutôt que de subir les changements à venir, le syndicat des cardiologues préfère donc être proactif et faire ses propres propositions, en anticipant un avenir où le système de santé va, de toute façon, changer radicalement. Que ce soit par les réformes mises en place par le gouvernement, ou par l’évolution technologique. Jean-Pierre Binon insiste notamment sur l’apport de l’intelligence artificielle, dont il prédit une influence notable sur le travail de tous les médecins de demain.
 
Une proactivité qui peut surprendre, mais qui tranche avec les réactions qui sonnent parfois comme conservatrices. Il faudra, pour que cette initiative soit une réussite, que les patients jouent le jeu, eux-aussi. Il faudra aussi communiquer dans ce sens. Mais pour la mise en place de ce projet, « il y a de la marge de manœuvre », estime le président du SNC. « Cette adaptation de la pratique fait partie de la philosophie du métier ».
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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