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Publiée par le site Cochrane, une référence en matière de synthèses sur un sujet médical donné, ce travail conclut à l’absence de bénéfice clinique significatif pour les médicaments ciblant la formation de plaques amyloïdes dans le cerveau.
Ces traitements constituent actuellement la principale piste de recherche contre la maladie d’Alzheimer, la plus courante des démences.
Ils incluent deux traitements récents : le Leqembi (lecanemab) de Biogen et Esai, et le Kisunla (donanemab) d’Eli Lilly. Ils suscitent un grand espoir chez plusieurs associations de patients ainsi que de nombreux neurologues, mais un scepticisme marqué chez d’autres experts.
Compilation de 17 essais cliniques
L’ensemble des médicaments anti-amyloïdes ont été développés à partir d’une hypothèse longtemps dominante, selon laquelle la maladie serait déclenchée par la formation de plaques de protéines amyloïdes entre les neurones.
Mais, « nos résultats réfutent l’idée que l’élimination des amyloïdes seraient bénéfiques aux patients », a résumé le neurologue néerlandais Edo Richard, co-auteur de la synthèse de Cochrane, qui compile 17 essais cliniques, réalisés sur 20 000 personnes autour de sept médicaments différents.
Non seulement les auteurs concluent que ces médicaments ne font pas de différence notable pour les patients, mais ils pointent leurs effets secondaires potentiellement graves et estiment que la recherche doit s’orienter dans d’autres directions.
Critiques sur la méthodologie
Ce travail est publié alors que les débats restent vifs sur l’intérêt de Leqembi et de Kisunla, dont les bénéfices sont au mieux modestes pour des coûts élevés. Les autorités sanitaires varient dans leur appréciation : ces médicaments ont été approuvés aux Etats-Unis et au niveau de l’Union européenne, mais la France ou le Royaume-Uni ont jugé pour l’heure inopportun de les rembourser.
Le travail de Cochrane est, pour autant, loin de solder les débats, d’autant que Edo Richard avait déjà régulièrement exprimé son scepticisme face aux anti-amyloïdes. Dès sa publication, la synthèse a fait l’objet de critiques virulentes quant à sa méthodologie.
« C’est un travail stupide qui n’aurait pas dû être publié », affirme à l’AFP le chercheur John Hardy, père de l’hypothèse amyloïde.
Comme nombre d’autres chercheurs, il reproche à la synthèse Cochrane de mettre dans le même sac le Leqembi et le Kisunla, avec des études sur des traitements anciens et moins probants.
Avec AFP
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