«J’espère que Kaduceo va devenir l’équivalent du fichier Excel pour la santé»

La société toulousaine Kaduceo, spécialisée en science des données intelligence artificielle et machine learning, a lancé une solution "no code" d'organisation, de prévision, de planning, pour les établissements de santé. Matthieu Ortala, son fondateur, nous raconte.

What's up Doc : Quel est le concept de Kaduceo ?

Matthieu Ortala : L’idée est de fournir une plateforme no code. Le no code permet à l’utilisateur de manipuler des données de santé sans avoir besoin de formation en statistique ou en programmation. Pour résumer, on démocratise l’accès à l’analyse de données au sein des hôpitaux.

Pourquoi est-ce innovant ?

MA. : C’est innovant pour deux raisons. À ma connaissance, il n’y a pas d’outils qui permettent de faire de manière intuitive des modèles prédictifs ou d’analyse de données spécifique au domaine de la santé. Deuxième point, il n’y a pas d’outil no-code. Il y a des plateformes destinées à des data-scientists. Cela nécessite une certaine expertise. Le nôtre est le premier à être à la fois no-code et spécifique à la santé.

D’où vous est venu cette idée ?

MA. : Pendant le confinement, du jour au lendemain, nos deux activités historiques se sont arrêtées. Au lieu de se tourner les pouces devant Netflix, nous sommes restés engagés. Nous avons donc mis en place une plateforme qui permettait de mieux piloter la déprogrammation des soins en phase ascendante de la Covid. Nous étions capables d’anticiper dans les sept prochains jours le nombre de patients à l’hôpital. Cela a permis d’ouvrir des unités covid supplémentaires. De la même façon, en phase descendante de la vague nous avons pu aider à la déprogrammation des soins. Fort de cette expérience nous avons voulu re-proposer une plateforme qui permettent aux hôpitaux d’être pro-actifs sur toute la partie en amont et en aval de la prise en charge du patient afin de fluidifier le système.

Qui étaient vos clients pendant cette période en France ?

MA. : Une douzaine d’hôpitaux ont utilisé notre plateforme.

Faites-vous toujours de l’anticipation sur une maladie particulière ? La Covid a-t-elle passé le flambeau ?

MA. : Aujourd’hui, nous agissons sur l’anticipation du nombre d’arrivées aux urgences. Nous nous appuyons par exemple sur les prévisions météorologiques, l’accidentologie…

Avez-vous un exemple d’application concrète ?

MA. : À partir des données historiques d'un profil de patient, nous créons un logiciel qui permet à l’utilisateur de détecter les éventuels patients qui risquent de rater leur rendez-vous. Ainsi, l’hôpital peut faire le nécessaire pour pallier cela. Par exemple, les contacter 24h ou 48h à l’avance.

Comment voyez-vous le futur ? Pensez-vous qu’à l’avenir tous les hôpitaux seront dotés d'IA ?

MA. : Je n’ai pas de boule de cristal. Néanmoins je peux me baser sur ce que je connais du marché et de l’industrie du monde de la santé. Il y a eu un avant et un après Covid. Les mentalités ont changé. Les directions sont devenues prenantes d’informations qui leur permettent d’être pro-actives. En ce sens, nous avons une belle carte à jouer et un bel avenir devant nous. C’est encore trop tôt pour connaître l’ampleur de notre impact. Mais oui, j’espère que nous serons l’équivalent du fichier Excel pour la santé. Ce serait l’objectif ultime.

Le Covid a finalement été bénéfique pour votre entreprise ?

MA. : La covid a failli nous tuer. Pendant 2 ans, nous avons eu un coup d’arrêt total sur nos activités historiques. Mais finalement, oui la pandémie nous a forcés à nous réinventer.

 

Portrait de Albane Cousin

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