Gaza : Médecins sans frontières monte au créneau

« Inacceptable et inhumain »

Marie-Elisabeth Ingres, cheffe de mission MSF en Palestine, s’est insurgée contre la violence de l’armée israélienne qui a tiré à balles réelles sur les manifestants dans la bande de Gaza. Au total, 55 Gazaouites auraient perdu la vie, et 1 359 blessés par balle ont été recensés.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable et inhumain », s’est indignée Marie-Elisabeth Ingres dans un communiqué publié sur le site de Médecins sans frontières (MSF). Elle fait référence aux tirs israéliens, à balles réelles, sur la foule de manifestants palestiniens dans la bande de Gaza. L’armée est sur les dents, face à la foule qui se présente à quelques dizaines de mètres de la frontière entre le territoire palestinien et Israël. Elle craint que celle-ci ne soit violée, ce qui pourrait créer un précédent difficile à gérer pour l'État hébreu.  

La cheffe de mission MSF compare la situation de ce lundi 14 mai à celle des pires moments de l’offensive israélienne de 2014, « quand des afflux massifs de personnes blessées par les bombardements avaient débordé en quelques heures les capacités de prise en charge du personnel médical de l’hôpital ». L’attaque a fait, selon les chiffres relayés par l’organisation caritative, « 55 morts, 2 271 blessés, dont 1 359 par balles réelles en à peine quelques heures ».

MSF au bloc

Face à l’afflux de blessés, « nos équipes ont parfois dû opérer deux ou trois patients dans le même bloc opératoire, et même dans les couloirs du bloc », souligne Marie-Elisabeth Ingres. « Il faut à tout prix que l’armée israélienne renonce à l’usage disproportionné de la force contre les manifestants ».

Mardi matin, MSF a signalé que dans la nuit, 17 personnes ont été opérées à l’Hôpital Al-Aqsa de Gaza par ses équipes chirurgicales. Avec le renfort de celles du ministère de la Santé, six patients supplémentaires ont été pris en charge par la suite, dont quatre en chirurgie vasculaire.

Les soignants touchés

Même son de cloche du côté de Médecins du monde (MDM). Lundi, à 16 heures, l’organisation expliquait dans un communiqué que l’usage excessif de la force lors des manifestations palestiniennes de ces dernières semaines a fait près de 80 morts et plus de 8 500 blessés. Et le personnel de santé ne serait pas épargné.

« On recense plus de 169 agents de santé blessés et 19 ambulances endommagées », dénonce MDM, alors que Gaza doit, en plus, faire face à des pénuries de médicaments. « Sur les 148 types de médicaments nécessaires pour répondre aux victimes de traumatismes, un tiers n’est actuellement pas disponible dans la Bande de Gaza ».

« Avec quelques heures d’électricité par jour, des difficultés à importer des médicaments et du matériel médical, à référer des patients vers des structures de soins adaptées, le blocus a des effets désastreux sur la santé des civils », dénonce à son tour Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de MDM France. « L’inhumanité infligée aux Gazaouis dans cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza doit être dénoncée », conclut-il. 

Crédit photo : Aurélie Baumel/MSF

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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