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Parmi les 1 233 passagers, en majorité des Britanniques et des Irlandais, outre le nonagénaire décédé, une cinquantaine « ont été touchés par des symptômes compatibles avec une infection digestive aiguë », selon la préfecture de Gironde et l'ARS, qui écartent tout lien avec les cas d'hantavirus détectés sur le navire MV Hondius.
Pris en charge par le médecin de bord, ils ont été isolés dans leur cabine.
La situation a été signalée dans la nuit alors que le navire, à bord duquel se trouvent également 514 membres d'équipage de nationalité indienne, arrivait au port de Bordeaux.
Le paquebot « Ambition » de la compagnie britannique Ambassador Cruise Line, parti des îles Shetland au nord de l'Écosse le 6 mai, a précédemment fait escale à Belfast, Liverpool et Brest. Il doit en principe repartir vers le port de Ferrol dans le nord de l'Espagne, avant un retour à Liverpool prévu le 22 mai.
Une vigilance maximale
Mercredi à la mi-journée, le bateau était à quai au centre-ville, sans aucune mesure de sécurité à terre. À bord, des passagers prenaient des photos de la capitale girondine depuis un pont.
Le pic des symptômes, vomissements et diarrhées, est survenu lundi quand le navire stationnait à Brest, selon les autorités. La victime nonagénaire, dont les causes exactes de la mort doivent encore être déterminées, était décédée avant l'arrivée dans le port breton.
De premières analyses à bord ont écarté la présence de norovirus, catégorie d'agent infectieux à l'origine de gastro-entérites chez l'humain, mais des analyses complémentaires, dont les résultats sont attendus dans la journée, sont en cours au sein du service infectiologie du centre hospitalier de Bordeaux, selon la même source.
Face à des rumeurs évoquant la présence de l'hantavirus à bord et pour « éviter toute psychose », les autorités ont expliqué ces mesures de précaution, confinement à bord des passagers et membres d'équipage, limitation des interactions avec le port, « au regard du contexte international ».
« C'est un climat qui nous conduit à la plus grande prudence, quand bien même ce type d'épidémie sur un bateau, en milieu clos, n'est pas rare », ont-elles déclaré mercredi à la presse.
Des précédents récents
Une épidémie similaire a été signalée la semaine dernière sur un paquebot naviguant dans les Caraïbes, le Caribbean Princess, avec 145 passagers et 15 membres du personnel ayant eu la diarrhée ou vomi, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains.
Outre la présence éventuelle de norovirus sur le paquebot « Ambition », les autorités n'écartent pas l'hypothèse d'une intoxication alimentaire mais excluent tout lien avec l'hantavirus, à l'origine du décès récent de trois passagers à bord du bateau de croisière MV Hondius qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.
Un seul cas d'hantavirus a été confirmé en France : une femme de 65 ans, rapatriée du Hondius, dont l'état de santé s'est « dégradé » dans la nuit de dimanche à lundi et qui est toujours en réanimation à Paris à l'hôpital Bichat, dans un état grave.
Les 22 personnes identifiées en France comme cas contacts d'une passagère néerlandaise du MV Hondius décédée de l'hantavirus sont « actuellement hospitalisées », a indiqué mercredi le gouvernement.
Les hantavirus, principalement transmis à l'être humain par des rongeurs infectés, font partie des agents pathogènes pouvant provoquer des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques.
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