Emmanuel Macron : « 7 ans pour mettre un diagnostic sur l’endométriose, c’est 7 ans de trop ! »

Manifestation pour la prise en charge de l'endométriose

Le président Emmanuel Macron a annoncé mardi le lancement d'une stratégie nationale de lutte contre l'endométriose afin de mieux faire connaître, diagnostiquer et prendre en charge cette maladie dont souffre une femme sur 10 en France.

"Ce n'est pas un problème de femmes. C'est un problème de société", a estimé le président au sujet de l'endométriose qui touche plus de deux millions de Françaises et est la première cause d'infertilité en France.

"Elles s'appellent Sandrine, Lola, Charlotte ou Enora", égrène le chef de l'Etat dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. "Elles sont épuisées, usées par une douleur qui peut aller jusqu'à l'évanouissement".

Ce sujet "qui me tient à cœur" (...) "débouche aujourd'hui sur le lancement de notre première stratégie nationale de lutte contre l'endométriose", déclare Emmanuel Macron.

Cette maladie, sur laquelle les connaissances restent lacunaires, même si de plus en plus de médecins se penchent sur la question, est liée à la présence de cellules d'origine utérine en dehors de l'utérus, qui réagissent aux hormones lors des cycles menstruels. Parfois asymptomatique, elle peut aussi se manifester par des règles abondantes et de violentes douleurs.

Sa méconnaissance entraîne un retard diagnostic de sept ans en moyenne, même si des médecins travaillent à établir un diagnostic précoce.

La stratégie nationale annoncée vise à "mieux comprendre cette maladie et ses causes, et trouver des traitements thérapeutiques", déclare le chef de l'Etat, annonçant que des moyens seront débloqués "à la hauteur des enjeux" pour la recherche.

Ensuite, chaque région va devoir "identifier précisément des filières territoriales de soins avec au moins un centre de recours et d'expertise". "Il y aura un financement national spécifique", a précisé l'Elysée.

Enfin, "il faut développer ce qu'on pourrait appeler un “réflexe endométriose“ auprès de tous les publics : à l'école, à l'université, à la maison, au bureau, et même, et surtout dirais-je, dans les milieux médicaux", estime M. Macron.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, "rassemblera prochainement un comité de pilotage national pour définir le plan d'action et le mettre en œuvre avec les représentants des patientes et des professionnels, et de tous les ministères et secteurs concernés", ajoute-t-il. Ce comité tiendra sa première réunion en février.

Le gouvernement avait fait part l'an dernier de son intention d'élaborer une stratégie nationale contre cette maladie, confiant une mission à l'eurodéputée LREM Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue très engagée sur ce sujet depuis des années. Son rapport a été rendu mardi à l'Elysée.

Le chef de l'Etat a retenu ses propositions principales, parmi lesquelles figurent "la nécessité de garantir une prise en charge globale, personnalisée et équitable sur tout le territoire, le renforcement de la formation des professionnels de santé, la nécessité d'investir sur la recherche pour faire progresser la connaissance de la maladie".

Dès 2019, des travaux ont été lancés pour améliorer la prise en charge, mais ils ont été ralentis par la crise sanitaire.

Avec AFP

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