Décret Trump : des médecins bloqués à la frontière

Les facs américaines s’inquiètent

L’Association américaine des facs de médecine se déclare « préoccupée » après que Donald Trump a interdit vendredi l’entrée du territoire américain aux ressortissants de sept pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Elle craint notamment que cette décision ne renforce la pénurie de médecins dont souffre le pays.

 

Le chaos règne depuis que Donald Trump a signé vendredi dernier un décret interdisant aux citoyens de sept pays (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) d’entrer aux États-Unis. De la Silicon Valley à Wall Street, tout le monde s'interroge sur les répercussions concrètes de cette mesure. L’équivalent de notre conférence des doyens (l’American Association of Medical Colleges, AAMC), y est également allée de son communiqué, estimant que le décret pouvait aggraver les déserts médicaux américains.

« Nous sommes profondément préoccupés car le décret du 27 janvier risque de fortement perturber l’apprentissage et la recherche, et parce qu’il a des effets délétères à long terme sur les patients et les soins », écrit le Dr Darrell G. Kirch, président de l’AACM. Celui-ci rappelle que la démographie médicale américaine est loin d‘être reluisante, et que « les praticiens à diplôme étranger représentent environ 25 % de la force de travail ».

Le Soudan, c’est non

Il faut dire que la fermeture des frontières a déjà eu des effets concrets. Le site d’investigation ProPublica relate par exemple l’histoire poignante de Suha Abushamma, une Soudanaise de 26 ans en première année de residency (plus ou moins l’équivalent de notre internat) à la Cleveland Clinic. Celle-ci avait prévu un voyage de quelques semaines en Arabie Saoudite et au Soudan pour rendre visite à sa famille. Apprenant que Donald Trump allait avancer rapidement sur la question de l’immigration, elle s’est dépêchée de rentrer. Elle a atterri à New York quelques heures après la signature du décret… et a dû repartir dans l’autre sens.

Mais il n’y a pas que ceux qui ont dû rebrousser chemin. L’AAMC estime que 260 personnes originaires des sept pays affectés ont postulé à un programme de residency. « S’il y a quelqu’un qui vient du Soudan et dont je pense qu’il va faire un merveilleux médecin, est-ce que je vais être capable de le prendre ? », se demande le Dr Atul Grover, vice-président de l’AACM interrogé par The Atlantic.

Pour l’instant, la réponse de Donald Trump est claire. C’est non.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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