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Un diagnostic viral, des signes ignorés
Selon les informations d'Ouest-France, qui a pu consulter la décision, l'adolescente avait été vue le 27 juin 2024 aux consultations non programmées d'un hôpital privé d'Avranches pour des maux de tête. Le généraliste avait conclu à un syndrome viral, malgré une douleur rétro-orbitaire et une perte de sensibilité des doigts. L'instance a néanmoins estimé qu'il avait procédé à un examen complet incluant la recherche de signes de gravité, et n'a retenu aucun manquement déontologique, l'erreur de diagnostic ne suffisant pas, à elle seule, à caractériser une faute.
Le praticien était également mis en cause pour son attitude au lendemain du décès : reçus sans un mot ni un geste de compassion, les parents avaient vécu cet accueil comme un affront. L'intéressé a invoqué un état de sidération. La chambre n'a pas retenu ce grief.
Une nuit décisive mal régulée
C'est sur le volet régulation que la chambre s'est montrée sévère. Dans la nuit du 29 au 30 juin 2024, la mère appelle le Samu 50 : sa fille est confuse, ses réponses incohérentes, elle a uriné dans son lit. La médecin régulatrice, basée dans le Calvados, gère l'appel en six minutes et conseille d'attendre le réveil de l'enfant pour l'emmener aux urgences si l'état persiste.
Pour la chambre disciplinaire, ces symptômes, fièvre, signes neurologiques, confusion, possibles convulsions, constituaient un tableau clinique qui aurait dû conduire la régulatrice à « demander instamment le réveil de l'enfant et à organiser son transport immédiat », toujours selon Ouest-France. L'enfant ne sera hospitalisée que le lendemain matin, après un second appel de la mère. Elle décède le 14 juillet au CHU de Caen des suites d'une sinusite compliquée d'un œdème cérébral.
Deux ans d'interdiction de réguler, dont un ferme
La chambre disciplinaire de Normandie a prononcé à l'encontre de la régulatrice une interdiction d'exercer la fonction de médecin régulateur pour une durée de deux ans, assortie d'un sursis d'un an. Le généraliste, lui, est blanchi.
Rappel : la chambre disciplinaire de l'Ordre, composée d'un magistrat administratif et de médecins désignés, statue sur les manquements au code de déontologie. Elle n'a pas vocation à établir un préjudice ni à qualifier des infractions pénales — ce qui relève d'autres juridictions.
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