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Il a, en revanche, « requis un non-lieu pour l'ex-université Paris-Descartes, absorbée depuis par l'établissement Paris Cité – et qui n’a donc plus d'existence comme personne morale », détaille le parquet.
L'établissement Paris-Descartes abritait le Centre du don des corps, « temple de l'anatomie française », soupçonné notamment d'avoir conservé, dans des conditions indignes, les dépouilles des personnes ayant fait don de leur corps à la science.
L'université « est toujours mise en examen », a relativisé Me Frédéric Douchez, avocat de plus de 100 parties civiles, qui attend la décision du magistrat instructeur.
En tentant de « sortir de sa mise en examen suite à un changement de nom », l'université « enterrera définitivement l'anatomie française, et nous crachera une nouvelle fois à la figure », a fustigé Baudouin Auffret, fils d'un donneur et président de l'association « Charnier Paris-Descartes : Justice et Dignité pour les Donneurs ». Sollicités par l'AFP, les conseils de l'université n'ont pas souhaité s'exprimer.
Vol de bijoux et coups de couteau
Le parquet requiert le renvoi devant le tribunal de l'ancien président de Paris-Descartes, Frédéric Dardel, pour, notamment, ne pas avoir pris de « mesures effectives, efficaces et dans un délai raisonnable afin de remédier à la situation matérielle du Centre ». Contactée par l'AFP, son avocate n'a pas souhaité faire de commentaire « à ce stade ».
Le parquet a également requis un procès pour deux préparateurs en anatomie. Jean-Rémy H. est notamment accusé d'avoir récupéré « sur les corps des dents en or et des bijoux », de leur avoir porté « des coups de couteau » et de les avoir laissés « volontairement à la merci des rongeurs ».
Me Najwa El Haïté, conseil de ce quinquagénaire, évoque un « contexte de dysfonctionnements structurels de l'université », estimant « qu'aucune intention de profaner les corps ou de porter atteinte à leur dignité » ne peut être imputée à son client.
Le parquet reproche aussi à Maurice H. d'avoir conservé, après sa retraite, des ossements humains, « dans des conditions indignes, dans un but privé et en violation manifeste de la volonté de ces personnes ». Son avocat, Me Saveriu Felli, décrit un homme octogénaire « meurtri par les griefs émis à son encontre ».
En matière de délits, la prescription est de six ans. Une enquête avait été ouverte après les révélations de L'Express fin 2019. Outre les conditions glaçantes de conservation des dépouilles, l'hebdomadaire décrivait des soupçons de marchandisation des corps.
Ces révélations avaient conduit la ministre de l'Enseignement supérieur à ordonner la fermeture du « temple de l'anatomie française », fondé en 1953.
Avec AFP
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