Covid19 : les médecins libéraux perdent patience face au gouvernement

Alors que l’épidémie de coronavirus se propage en France, le SML exige un engagement urgent de l’État en faveur des médecins libéraux sur plusieurs points importants. La CSMF et l’UFML sont à peu près sur la même longueur.

Deux jours après la visite de « soutien » d’Emmanuel Macron au centre de régulation du Samu à l'hôpital Necker (Paris), le SML vient à demi-mot d’y faire référence en exigeant de la part du gouvernement « plus que des mots d’encouragements », dans un communiqué daté du 12 mars.
 
Les adhérents du SML témoignent en effet d’une « situation très alarmante » qui traduit « le grand décalage entre les déclarations des pouvoirs et la réalité vécue sur le terrain par les médecins libéraux ». En particulier en Bourgogne Franche-Comté, Île-de France, Centre-Val de Loire, Corrèze, Occitanie, Normandie et dans les Hauts-de-France. Dans ces régions, il règne une pénurie de masques et de solution hydroalcoolique, si bien que « les médecins libéraux ne sont pas en mesure d’assurer leur protection ni celle de leurs patients ».
 
Par ailleurs, de nombreuses maisons médicales de garde se plaignent d’être démunies et manquent de matériel de protection pour les médecins, poursuit le SML qui rapporte qu’un nombre grandissant de médecins libéraux sont contaminés ou font l’objet de mise en confinement préventif. Et d‘ajouter que les centres 15 et les urgences sont débordés, si bien que les généralistes libéraux retraités et les internes en médecine générale ont été sollicités pour répondre aux appels du 15.

Les praticiens s’impatientent 

Des praticiens qui « commencent à s’impatienter face au manque de moyens mis à leur disposition pour prendre en charge les patients tout en se protégeant eux et les autres patients », se fait l’écho le SML qui estime qu’il n’est « pas acceptable d’exposer la santé des médecins sans mesure de protection ». Il réclame donc en urgence à l’État la « mobilisation de moyens logistiques d’exception » permettant de livrer le matériel de protection indispensable à tous les médecins libéraux.
 
Enfin, la promesse faite aux professionnels libéraux de santé, selon laquelle ils seraient pris en charge dans les cas où ils seraient contaminés ou confinés,« n’est pas entièrement tenue » selon le syndicat qui estime que « le compte n’y est pas ». Il demande donc les choses suivantes :
- le versement des indemnités journalières doit débuter au premier jour ;
- les assurances complémentaires doivent elles aussi faire jouer leurs garanties au premier jour ;
- l’État doit compenser, soit sous la forme d’aides et/ou de l’annulation de charges sociales, afin de permettre aux cabinets d’éviter les difficultés financières.
 
Et d’évoquer le cas spécifique des médecins retraités mobilisés face à l’épidémie. Pour le SML, leur couverture assurantielle doit être aménagée car leur RCP (responsabilité civile professionnelle) « ne peut entrer en œuvre que dans le cadre d’une réquisition ». D’autant plus que « la situation actuelle, comme l’a souligné le Président de la République, requiert la mobilisation de tous les médecins », conclut le syndicat.

 

La CSMF et l’UFMLS en renfort
La CSMF interpelle également le gouvernement devant « l’absence de diffusion large et massive des moyens de protection pour les professionnels de ville, en particulier des indispensables masques de protection, tant des masques chirurgicaux toujours manquants à l’appel que de masques FFP2 pour les actes invasifs et les activités médicales les plus exposés ». Si le syndicat se félicite de l’élargissement de l’utilisation de la téléconsultation, ilrappelle que « la téléconsultation se fait sous la responsabilité du médecin qui la pratique, et qu’elle peut être interrompue à tout moment au profit d’un examen clinique en consultation présentielle. Ceci est particulièrement vrai pour les formes graves ». Quant à l’UFMLS, elle demande que « l’ensemble des soignants bénéficient d’une dotation en masque FFP2, sur-blouses et lunettes de protection, en plus de la dotation en masques FFP1 afin de pouvoir faire face aux patients les plus symptomatiques », dans un communiqué daté du 8 mars. Par ailleurs, une fois la crise passée, elle demandera une commission d’enquête sur la gestion politique des moyens de protection.

 

Portrait de Julien Moschetti

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