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Son départ intervient après de récents revers en recherche et développement (R&D) et une trajectoire boursière en berne, l'action ayant perdu environ 13 % en 2025 à la Bourse de Paris.
L'industrie pharmaceutique est en pleine transformation avec une montée en puissance de l'intelligence artificielle et de la médecine personnalisée, dans un contexte de pressions sur les prix et de droits de douane imposés par les Etats-Unis.
Sa remplaçante, l'actuelle patronne du groupe pharmaceutique allemand Merck KGaA, l'Espagnole Belén Garijo, a été nommée directrice générale par le conseil d’administration et « elle prendra ses fonctions à l’issue de l’assemblée générale du groupe qui se tiendra le 29 avril », a annoncé Sanofi jeudi dans un communiqué.
Dans l’intervalle, Olivier Charmeil, vice-président exécutif Médecine générale et membre du comité exécutif depuis 2011, assurera les fonctions de directeur général par intérim, a précisé Sanofi.
Le Britannique Paul Hudson, issu du marketing, avait pris ses fonctions le 1er septembre 2019. Son départ intervient après de récents revers en recherche et développement (R&D) et une trajectoire boursière en berne, l'action ayant perdu environ 13 % en 2025.
La priorité de Belén Garijo, docteure en médecine, sera d'accélérer « la préparation de l’avenir du groupe », selon le communiqué.
« Elle connaît très bien le groupe Sanofi, où elle a occupé pendant 15 ans des fonctions de premier plan et obtenu de nombreux succès », a souligné le président du conseil d’administration Frédéric Oudéa, cité dans ce communiqué.
La stratégie fragilisée
« Un éventuel changement de direction chez Sanofi faisait l’objet de discussions depuis un certain temps, la stratégie de R&D du groupe ayant rencontré des difficultés », ont relevé les analystes de Jefferies dans une note.
Sous Paul Hudson, Sanofi a fait le pari de l'immunologie – qui traite des maladies du système immunitaire – et a augmenté dès 2023 les investissements pour renforcer sa R&D concentrée sur des médicaments et des vaccins innovants.
Dans le cadre de ce recentrage, il a vendu l'an dernier la participation majoritaire de Sanofi dans Opella, qui fabrique l'emblématique paracétamol Doliprane, pour 10,7 milliards d'euros au fonds d’investissement américain CD&R.
Dès son arrivée au poste de directeur général, en provenance de Novartis, Paul Hudson a misé sur le potentiel de l'anti-inflammatoire vedette Dupixent, avec l'objectif d'élargir les ventes et d'obtenir de nouvelles autorisations thérapeutiques, un pari réussi.
Lancé sur le marché en 2018, cet anticorps monoclonal utilisé dans des maladies de peau, des sinus, de l’œsophage, qui représente un tiers du chiffre d'affaires, a réalisé plus de 15 milliards d'euros de ventes l'an dernier.
Mais les investisseurs s'interrogent toutefois sur la trajectoire post-Dupixent, son premier brevet devant tomber en 2031, soit dans cinq ans, un horizon très court pour une industrie aux cycles très longs.
Le mastodonte pharmaceutique, qui fut à la traîne pour le vaccin contre le Covid-19, a besoin de mettre au point rapidement de nouveaux médicaments pour prendre le relais de son produit phare.
Pour atténuer l'impact de cette perte d'exclusivité sur sa rentabilité, il a fait plusieurs acquisitions de biotechs pour mettre la main sur de nouvelles molécules en stade avancé.
Année noire en clinique
Mais l'année 2025 a été ponctuée de plusieurs déconvenues: son candidat-médicament tolebrutinib contre la sclérose en plaques a subi un double revers en décembre avec l'échec d'un essai clinique avancé dans la forme principale de cette maladie auto-immune et un refus de l’agence américaine du médicament d’approuver le traitement pour une autre forme de la maladie.
Plus tôt, en septembre, le cours de Bourse de Sanofi avait lourdement chuté après que les résultats d'une étude clinique avaient déçu les investisseurs sur son traitement amlitelimab contre la dermatite atopique.
En mai, l'action avait pâti de l'échec d'une étude clinique dans la dernière étape avant la commercialisation d'un traitement potentiel contre la bronchite du fumeur.
Paul Hudson a reconnu fin janvier qu’il s’était attendu à des progrès plus rapides.
« Il a été un sacré vendeur de rêves », a réagi auprès de l'AFP Jean-Louis Peyren, secrétaire fédéral du syndicat Fnic-CGT, chargé de l'industrie pharmaceutique.
« On peut espérer » que Belén Garijo « soit plus tournée vers les besoins de santé que vers la communication et vers la finance », a-t-il ajouté.
Avec AFP
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