CH du Belvédère : « on nous a demandé de payer nos propres consultations »

Le Centre Hospitalier du Belvédère, en Normandie, a manifesté fin mai dernier contre les coupures budgétaires de l’ARS et de la gestion effrayante de l'hôpital par une direction intérimaire avec le soutien du syndicat des anesthésistes.

Une fois n'est pas coutume : le 25 mai dernier, les médecins ont battu le pavé aux côtés des soignants et du personnel du Centre Hospitalier du Belvédère à Mont Saint-Aignan (76). Car Depuis 2018, le CH est victime des coupes budgétaires de l’Agence régionale de santé qui handicapent une bonne prise en charge des patients. Autrefois, spécialisé en médecine obstétrique – c’est d’ailleurs la première maternité normande – l’hôpital s’est vu contraint de diversifier ses services vers des activités plus rémunératrices, comme la chirurgie plastique ou bariatrique. Le personnel hospitalier se retrouve aujourd’hui coincé entre la gestion de la direction intérimaire qui est loin de plaire, et des conditions de travail qui se dégradent. 

Le syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHAR-E), qui supporte le mouvement des manifestations, ajoute également dans un communiqué que « certains sont en burn-out car malheureusement toutes les conditions sont réunies pour que cela arrive ».

« Moi je veux juste refaire mon métier correctement »

Une pédiatre du Belvédère, Dr. G, témoigne anonymement de la situation qui se dégrade : « L’ARS attaque à coups de coupes budgétaires et de menaces de demi-gardes ». Ces demi-gardes sont dangereuses. Si les pédiatres ne sont pas sur place, qui va soigner ?

L’ARS veut rentabiliser l'hôpital, au risque de paraître absurde. En effet, l’administration demande aux médecins de réaliser un certain nombre de consultations, et s’ils ne l’atteignent pas, cela signifie que l’hôpital n’atteint pas son objectif « bénef’ ». Quel monde fantastique, non ?

Alors comme ça vous ne voulez pas être exploité 

Les revendications du personnel médical et paramédical sont d’abord dirigées vers l’ARS, mais pas que ; le directeur intérimaire est aussi sur l'échiquier. À la place du cavalier noir. D’après le Dr G, il aurait été spécialement choisi pour ce poste afin de réduire drastiquement les effectifs par tous les moyens, quitte à forcer les médecins à démissionner. 

Portrait de Angela Herrmann

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Sandra Bertezene, Professeur titulaire de la Chaire de gestion des services de santé, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
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