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Le Samu 35 est au bord de la rupture. Depuis plusieurs semaines, le service de régulation médicale du CHU de Rennes fait face à une forte surcharge d'activité. Douze responsables viennent de démissionner de leurs fonctions d'encadrement, tout en poursuivant leur activité médicale, indiquent plusieurs médias locaux.
À l'origine de cette situation, le retrait des médecins généralistes libéraux qui participaient à la régulation des appels au 15. Ces derniers sont en conflit avec l'ARS Bretagne, notamment sur le montant de leurs indemnités et les modalités de réquisition pour assurer la permanence des soins.
Depuis leur retrait, début octobre, les urgentistes hospitaliers doivent prendre en charge une partie des appels relevant habituellement de la médecine générale, en plus des urgences vitales.
Jusqu'à 6 heures d'attente pour un conseil
Selon Le Télégramme, plus de 2 000 appels arrivent quotidiennement sur la plateforme du Samu 35, soit une activité en hausse de 30 % sur un an. Seuls quatre à cinq urgentistes sont mobilisés simultanément pour y répondre, parfois moins lorsque certains doivent intervenir avec le Smur.
Cette surcharge entraîne des délais d'attente importants pour les patients. « En ce moment, il faut attendre entre deux et six heures pour obtenir un conseil de médecine générale », alerte le Dr Rémy Lucas, urgentiste au Samu 35, interrogé par Le Télégramme ce lundi 26 octobre. « Un motif a priori bénin peut rapidement basculer en urgence vitale », prévient-il.
Les urgentistes, en grève depuis le 28 septembre contre leurs conditions de travail et le manque de moyens, dénoncent une situation devenue intenable. « Nous faisons des journées épuisantes face à un niveau de crise jamais atteint », insiste le Dr Rémy Lucas, toujours auprès du quotidien breton.
Trop peu de volontaires
La crise révèle également les difficultés de recrutement de médecins volontaires pour assurer la régulation libérale. Selon Le Télégramme, sur environ 1 000 généralistes libéraux dans le département, seule une trentaine accepte encore de participer à la permanence des soins (PDSA).
Les généralistes mobilisés dénoncent notamment un système de réquisitions qu'ils jugent injuste, certains médecins déjà volontaires pouvant être sollicités pour combler les créneaux vacants. Ils réclament également une revalorisation de leurs indemnités.
De leur côté, les urgentistes demandent la dissolution de l'Association départementale pour l'organisation de la permanence des soins (Adops), chargée d'organiser la régulation libérale, la création d'un troisième poste de régulateur sept jours sur sept et le recrutement d'assistants de régulation médicale.
Soutenus par le syndicat SNPHARE, qui dénonce un « risque majeur d'erreur de régulation », ils appellent l'ARS Bretagne et l'Ordre des médecins à intervenir pour permettre le retour des généralistes. En attendant une issue au conflit, le mouvement de grève se poursuit.
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