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Depuis mercredi dernier, « environ 1 000 décès supplémentaires » ont été observés par rapport à la normale, a annoncé l'agence Santé publique France dans un premier bilan.
C'est un premier bilan, encore très partiel, mais il donne une idée des lourdes conséquences d'une canicule qui s'est achevée dans le pays après une dizaine de jours de températures extrêmes, un épisode déjà jugé plus intense sur le plan climatique que celui de 2003, le plus fort jusqu'alors enregistré. La canicule avait, à l'époque, tué 15 000 personnes, principalement âgées.
Certes, « même si la canicule est comparable d'un point de vue météorologique à celle de 2003, on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire », a nuancé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dimanche sur BFM TV.
On n'aura « probablement pas la même surmortalité », a-t-elle insisté, notant par exemple que les Ehpad étaient mieux préparés.
Le bilan risque de monter dans les prochains jours
Mais l'épisode actuel aura tout de même été lourd sur le plan sanitaire. « Plus de 1 200 décès - toutes causes - ont été enregistrés pour la journée du 24 juin et plus de 1 400 décès quotidiens les 25 juin et 26 juin », a détaillé Spf. « A titre comparatif, on comptait autour de 900 à 1 000 décès par jour en avril/mai. »
En extrapolant jusqu'à dimanche, cela pointe déjà vers un nombre de décès supérieur d'environ un millier à la normale, même s'il n'est pas encore possible de les imputer officiellement à la chaleur.
En réalité, ce chiffre est certainement inférieur à la réalité. Le décompte ne part que de mercredi, le moment où la canicule s'est encore accentuée avec des températures dépassant 40°C à de nombreux endroits du territoire.
En outre, les effets de la chaleur mettent parfois des jours à se faire sentir : ils peuvent par exemple aggraver soudainement une maladie chronique, alors même que les températures sont redevenues plus normales.
L'activité aux urgences commence à baisser
Ces données de Santé publique France permettent déjà de dire qui sont les plus touchés : la hausse des décès « est plus marquée dans les régions en vigilance rouge sur les derniers jours, en particulier en Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie et Pays de la Loire ».
Surtout, même si l'augmentation frappe toutes les classes d'âge, et que les services d'urgences avaient signalé de nombreux coups de chaleur chez des personnes plutôt jeunes, « 85% des décès observés concernent les personnes de 65 ans et plus », note SpF.
A l'hôpital, toutefois, de premiers signaux laissent entrevoir une certaine détente. L'AP-HP a fait part d'une baisse des passages aux urgences (-10%) lors des dernières 24 heures, même si leur niveau reste nettement supérieur à la normale. Les appels ont aussi commencé à baisser dans les Samu gérés par l'AP-HP (-9%).
Mais l'activité à l'hôpital ne rend pas compte d'un point spécifique à cette canicule : la part élevée des décès à domicile, dont le ministère de la Santé s'était déjà dit « préoccupé » cette semaine. Ceux-ci ont bondi depuis le milieu de la semaine, selon SpF. « Une augmentation particulièrement marquée des décès à domicile est observée, de l’ordre de 40%, tout particulièrement en Ile-de-France », remarque Spf.
Dans les services d'urgence, certains soignants s'attendent à ce que cette tendance s'aggrave encore en ce début de semaine. « Demain matin lundi les aides ménagères, les gens qui s'occupent des personnes âgées à domicile vont revenir travailler », a prévenu hier sur franceinfo Philippe Juvin, député LR et chef des urgences de l'hôpital Pompidou.
« On va ouvrir les portes et on va probablement découvrir des gens qui sont soit en très très mauvais état chez eux », voire déjà « morts », a-t-il insisté.
A côté des personnes âgées, Philippe Juvin a évoqué deux autres catégories de personnes très à risque : les sans-abri et les personnes atteintes de troubles psychiatriques, à la fois à cause de leur pathologie et des effets secondaires de leurs traitements, telle la déshydratation.
Avec AFP
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