Bourges : "Nous désirons attirer en particulier les jeunes médecins"

La ville de Bourges va embaucher quatre médecins d’ici la fin de l’année pour prévenir la baisse annoncée de sa démographie médicale. Ils seront basés au centre de santé du quartier des Gibjoncs et seront rattachés au centre communal d'action sociale (CCAS). Nous avons posé quelques questions à la directrice du CCAS, Cécile Jamet, pour en savoir plus.

What’s up Doc. Comment est née l’idée de salarier quatre médecins généralistes d’ici la fin de l’année ?

Cécile Jamet. Nous avons tout d’abord étudié la démographie médicale de l’agglomération de Bourges. Nous ne sommes pas situés dans un désert médical, mais on pourrait souffrir à terme d’une pénurie de médecins si leur renouvellement n’est pas suffisant pour compenser les départs à la retraite. C’est la raison pour laquelle le maire de Bourges, Pascal Blanc, a créé une mission santé. Après un premier état des lieux, nous avons regardé toutes les solutions qui pouvaient s’offrir à nous pour attirer des médecins généralistes sur le territoire. Et le recrutement de quatre médecins généralistes fait partie de ces solutions. Notre projet s’inspire notamment du centre de santé départemental Saône-et-Loire qui a recruté une trentaine de médecins salariés pour lutter contre les déserts médicaux et réussi à redonner à 15 000 patients un médecin traitant. Cela montre bien que cela correspond à une envie des médecins. Certains départements comme la Saône-et-Loire ont agi parce qu’ils étaient déjà dans une situation de crise. Nous n’en sommes pas là, mais cela pourrait nous arriver si nous ne sommes pas pro-actifs. Dans cinq ans, une dizaine de médecins du territoire (sur un total de 38, NDLR) pourraient atteindre l’âge de la retraite. Or, si vous avez une dizaine de départs à la retraite, vous avez un maximum de 3 ou 4 successeurs.

Nous allons prendre en charge un poste de secrétariat

WUD. Est-ce que ces quatre postes de salariés s’adressent particulièrement aux jeunes médecins ?

CJ. Tout à fait. Nous avons épluché un certain nombre de rapports et d’analyses pour tenter de comprendre les désirs des médecins aujourd’hui. Qu’est-ce qui revêt le plus d’importance à leurs yeux ? Quel type d’exercice privilégient-ils ? Beaucoup voudraient alléger leurs charges administratives. D’autres n’ont pas envie de monter leur cabinet car ils n’ont pas l’esprit entrepreneur. Nous allons donc prendre en charge un poste de secrétariat pour les quatre médecins, afin d’alléger au maximum la partie administrative des médecins qui vont s’installer. Quant aux jeunes médecins, ils expriment le désir de trouver un équilibre entre leur vie familiale et professionnelle. Ils font le choix de la qualité de vie, ils ne veulent pas faire des horaires à rallonge en permanence. C’est là-dessus que nous nous sommes appuyés pour construire notre projet de santé qui puisse attirer les médecins, et en particulier les jeunes médecins.

Une qualité de vie intéressante

WUD. Quels types d’exercice proposez-vous ?

CJ. On a essayé de donner de la souplesse à ces quatre postes de salariés. Nous proposons trois types de postes. Deux temps plein sur une base de 35 heures sur le centre de santé des Gibjoncs porté par la Ville via le Centre communal d’action sociale (CCAS). Mais aussi deux postes en exercice partagé. L’un des deux sera partagé entre le centre hospitalier Jacques Cœur et le centre de santé, et l’autre sera en exercice mixte. On essaye de proposer de la variété. Pour les deux médecins qui seront à temps plein, on souhaite aussi qu’ils fassent des soins non programmés car cela fait partie de nos besoins. Nous allons travailler là-dessus avec la CPTS (Communauté professionnelles territoriales de santé) de notre territoire.

WUD. Vous proposez un dispositif d’aide à l’installation pour les jeunes médecins. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

CJ. Le médecin qui décidera de s’installer sur notre territoire sera accompagné dans sa recherche de logement, de crèche, pour l’inscription de ses enfants dans les écoles... Nous allons faire en sorte que l’atterrissage soit réussi le plus rapidement possible. Bourges n’est peut-être pas la destination la plus prisée par les médecins, mais nous proposons une qualité de vie intéressante, notamment pour les médecins qui désirent développer leur vie de famille.
 

Portrait de Julien Moschetti

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