Bienvenue dans la jungle de l’hôpital !

Depuis bientôt 15 ans, l’hôpital est une jungle qui connaît de multiples remaniements afin d’améliorer la prise en charge et le parcours de soins du patient. Les hôpitaux regroupés en GHT (Groupements Hospitaliers de Territoire) sont organisés en pôles d’activité et managés par des chefs chargés d’encadrer les médecins qui s’aventurent dans cet exercice public. Bienvenue dans cette jungle (ré)organisée !
 

La jungle dans la jungle

Depuis trois ans, les jungles hospitalières s’intègrent dans de plus vastes contrées : les Groupements Hospitaliers de Territoire ou GHT. Prévu par l’article 107 de la loi Santé de 2016, cette organisation vise à améliorer l’offre de soins ainsi que la collaboration entre les hôpitaux, afin de proposer aux patients une meilleure prise en charge.
Par une mutualisation des équipes et des compétences médicales et une répartition stratégique des services de soins autour du patient, les GHT ont pour objectif « d’assurer une égalité d’accès à des soins sécurisés et de qualité sur l’ensemble du territoire », précise le Ministère des Solidarités et de la Santé.
Le regroupement en GHT concerne les hôpitaux publics (centres hospitaliers, établissements médicaux sociaux, ...). Tous font partie d’une convention constitutive depuis janvier 2017 contrôlée par l’agence régionale de santé (ARS). Un hôpital ne peut faire partie que d’un seul GHT. Ainsi, 850 établissements sont regroupés en 135 GHT. Chacun d’eux, piloté par un établissement support, a élaboré un projet médical partagé : une stratégie de soins que les hôpitaux constitutifs ont pensé ensemble.
Avant 2021, les GHT devront réfléchir à la mise en place d’un système d’information et d’un dispositif numérique convergents pour renforcer davantage cette nouvelle organisation, sorte de boussole pour éviter de s’y perdre.
 

La jungle, une organisation polaire

 

En réalité, la réorganisation des jungles hospitalières a débuté bien avant les GHT. Depuis 2005, les services hospitaliers, constitués par une ou plusieurs unités fonctionnelles, s’organisent en pôles d’activité. Autrefois indépendants entre eux et s’articulant autour d’organes (cardiologie, pneumologie...) ou de fonctions (rhumatologie, gastro-entérologie...), désormais les services sont regroupés de façon plus ou moins cohérente par coexistence pathologique (pôle cœur/poumon ou tête/cou par exemple) ou type de prise en charge (médicale ou chirurgicale) et d’activité (pôle médico-administratif). Grâce à cette nouvelle gouvernance hospitalière, la collaboration et la coordination des services autour du patient, autrefois ballotté entre eux, doivent être facilitées, et ne pas se transformer en une nouvelle version de Koh-Lanta !
Outre la simplification du parcours de soins, cette organisation polaire a pour vocation d’associer les professionnels de santé à la gestion de l’hôpital. « Sa mise en place a été un tournant pour le management hospitalier », se réjouit la Fédération Hospitalière de France. « Sous la responsabilité du chef de pôle, un trio constitué du médecin, du cadre soignant et de l’assistant de gestion forme un nouvel organe décisionnaire et complémentaire pour garantir un management de la santé plus précis et transparent ». À la fois médecins et managers, les chefs de pôle sont apparus avec la loi « Hôpital, patient, santé et territoires » du 21 juillet 2009 (loi HPST). Avec les équipes médicales, paramédicales, administratives ou encadrantes, il organise le fonctionnement du pôle et l’affectation des personnels en fonction des besoins. Il bénéficie d’une formation en management et perçoit une indemnité fixe mensuelle de 200 €/mois et d’une part variable annuelle d’un montant maximum de 2400 €. On l’a dit, c’est plus la jungle que la ruée vers l’or…

Portrait de WUD
Par WUD

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