Les quelque 39 000 internes de France ont un nouveau représentant permanent. Seul candidat pour le poste, l’interne en troisième année d’oncologie médicale à Lyon et jusqu’ici premier vice-président, a été élu à l’unanimité ce week-end, lors de l’assemblée générale de l’Isni à Nancy.
Conformément aux statuts du syndicat, cette élection s’est tenue dans le mois suivant la démission de Mélanie Debarreix, qui a fait le choix, fin février, de se « recentrer » sur son internat. Le reste du bureau élu en septembre 2025, demeure inchangé.
Le projet de loi décentralisation dans le viseur
Son mandat permanent démarre sur les chapeaux de roue. Réunie ce week-end à Nancy, l’AG a pris des « positions fortes » sur la nouvelle proposition de loi décentralisation, qui vise notamment à confier aux préfets l’organisation et la gestion, dans leur département, des secours d’urgence aux personnes (Samu et pompiers).
L’intersyndicale a réaffirmé son attachement « en faveur d’une régulation médicale forte, indépendante et décisionnaire » et s’oppose à « toute généralisation des plateformes communes de réception et de régulation (…) en l’absence de bénéfices démontrés » pour la sécurité des patients. Elle a également insisté sur la nécessité de préserver la médicalisation préhospitalière et « d’une orientation fondée avant tout sur la pertinence médicale »
Redoutant une perte de chance pour les patients, les internes se placent ainsi dans le sillage des différents acteurs syndicaux et institutionnels s’étant déjà exprimés sur le texte, et qui dénoncent plus généralement une « prise de pouvoir » du ministère de l’Intérieur sur les secours.
« Le médecin doit être à la fois celui qui évalue l’urgence médicale (…) et celui qui déclenche le moyen de transport adapté à la situation, notamment le Samu lorsque cela est nécessaire », résume à What’s up Doc Arthur Poncin, qui fait de ce dossier « une priorité pour les semaines et les mois à venir ».
Vigilance maintenue sur la 4A
Le nouveau président a également rappelé l’autre grande actualité du moment, la quatrième année d’internat de médecine générale, dont la mise en œuvre est attendue dans sept mois.
« On tout ce qu’on peut pour qu’elle s’applique dans les conditions de formations, d’encadrement, de sécurité et de rémunération les plus favorables aux internes », assure-t-il, alors que les derniers décrets sont attendus dans les prochaines semaines.
Plus largement, l’Isni entend poursuivre son travail sur tous les sujets de fond : temps de travail des internes, la santé au travail, ou encore régulation de l’installation, dont les textes sont à l’arrêt au Parlement depuis des mois.
Un parcours syndical déjà solide
Interne en cinquième semestre d’oncologie médicale à Lyon, après des premiers cycles d’études à Paris, Arthur Poncin affiche un bagage syndical déjà solide.
Président de la corporation des carabins de la Sorbonne Université (C2SU) pendant son externat, il s’est ensuite investi à Lyon au syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon (SAIHL), et à l’Insi, comme vice-président « Partenariats », puis premier vice-président au sein du bureau de Mélanie Debarreix.
« Je trouve passionnant de réfléchir et de prendre part aux enjeux du système de santé » et de « représenter les internes pour faire respecter leurs droits », explique-t-il. « Ce sont des choses que l’on n’a pas l’habitude d’aborder dans notre formation, et c’est d’ailleurs probablement un problème ».
Sur le plan professionnel, son intérêt pour l’oncologie s’est révélé « petit à petit », sa seule condition étant d’exercer d’une « spécialité transversale » avec un contact patient « fort ».
En oncologie, comme en médecine générale, « on a vraiment un suivi sur le long terme qui plus est hyper intime » souligne-t-il. Je n’ai aucun regret sur le choix de ma spécialité ».
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