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Parmi les 299 répondants à cette enquête menée en mars, 98 % disent rencontrer des difficultés pour adresser leurs patients à un spécialiste. Pour 68 %, ces difficultés surviennent plusieurs fois par semaine ou par jour.
La dermatologie arrive largement en tête des spécialités jugées les plus difficiles d’accès, citée par 74 % des répondants. Suivent la psychiatrie (50 %), la rhumatologie (35 %), l’endocrinologie-diabétologie-nutrition (28 %) et la neurologie (24 %).
Mais « c’est vrai pour quasi toutes les spécialités », écrit l’un des répondants en commentaire libre, pointant le fait qu’ils ne pouvaient choisir que trois réponses. « À part les cardiologues et la chirurgie urgente, il n'y a plus personne », abonde un autre.
Ces difficultés ont des effets directs sur la prise en charge. Selon l’enquête, 63 % des répondants disent prescrire davantage d’examens complémentaires, et 77 % davantage d’arrêts maladie, par rapport à un parcours de soins optimal.
Dans certains territoires, la situation apparaît particulièrement tendue. Un généraliste du sud de la Seine-et-Marne décrit un adressage devenu « un véritable cauchemar », avec des patients parfois envoyés à plus de 60 kilomètres pour trouver un spécialiste.
Pas seulement une pénurie
Les médecins interrogés pointent également le manque de praticiens en secteur 1, estimant que les dépassements d’honoraires qui « excluent du soin une large partie de la population ».
« Le problème est l’accès au secteur 1 », résume l’un d’eux, alors que d’autres évoquent un accès encore plus difficile pour les patients précaires, faute de praticiens à tarifs opposables disponibles.
L’organisation du parcours est également critiquée : secrétariats injoignables, agendas numériques fermés, répondeurs automatiques, absence de courrier retour. « Les agendas numériques et autres répondeurs automatiques ont déshumanisé le parcours de soins entre confrères », estime un répondant.
La téléexpertise, utilisée par 63 % des répondants, est jugée utile mais insuffisante. Surtout mobilisée en dermato, cardio, hémato ou endocrino, elle permet parfois d’obtenir un avis rapide, mais plusieurs médecins la décrivent comme chronophage, peu fluide, et inadaptée aux situations nécessitant un examen clinique.
L’URPS appelle dans un communiqué à adapter le nombre de médecins formés aux besoins des territoires, à améliorer les conditions d’adressage entre médecins et à garantir un accès équitable aux spécialistes.
« Améliorer l’accès aux spécialistes est un levier essentiel pour réduire les délais de prise en charge, limiter les arrêts de travail et assurer une meilleure qualité des soins », résume-t-elle.
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