82 % des Français peinent à trouver un médecin : la relation patient-médecin sous tension

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Selon la deuxième vague du baromètre OpinionWay pour Orisha Healthcare, 95 % des Français jugent bonne leur relation avec leur médecin généraliste. Mais derrière cette confiance persistante, les tensions s’accumulent : 82 % peinent à trouver un médecin disponible, 79 % expriment au moins une forme de doute médical et 77 % des médecins estiment que leur charge de travail dégrade la relation avec leurs patients.

82 % des Français peinent à trouver un médecin : la relation patient-médecin sous tension

© Midjourney x What's up Doc

95 % : une confiance qui résiste

La relation patient-médecin tient encore. C’est même l’un des enseignements les plus nets de la deuxième vague du baromètre OpinionWay pour Orisha Healthcare : 95 % des Français déclarent avoir une bonne relation avec leur médecin généraliste, et 96 % avec leurs médecins spécialistes. Côté praticiens, le constat est encore plus homogène : 100 % des médecins interrogés disent entretenir une bonne relation avec leurs patients, dont 61 % une très bonne relation. 

Mais cette confiance élevée ne suffit plus à masquer les tensions du quotidien. Le baromètre raconte moins une rupture de la relation médicale qu’un paradoxe : les patients continuent de faire confiance aux médecins, tout en ayant de plus en plus de mal à les voir, à leur parler longuement, et parfois à accepter leurs réponses sans les questionner.

82 % : l’accès au médecin devient le point dur

Le chiffre le plus parlant est celui-ci : 82 % des Français estiment qu’il est aujourd’hui difficile de trouver un médecin disponible. En miroir, 64 % des médecins déclarent qu’il est difficile pour leurs patients de trouver un créneau de consultation avec eux, et autant disent ne pas réussir à recevoir autant de patients qu’ils le souhaiteraient. 

Le problème n’est donc pas seulement ressenti par les patients. Il est aussi reconnu par les praticiens. La consultation devient un espace comprimé : moins de disponibilité, moins de temps, plus d’attentes. Dans ce contexte, la qualité de la relation médicale repose de plus en plus sur la capacité des médecins à maintenir un lien de confiance dans des conditions d’exercice dégradées.

65 % : des patients ont le sentiment d’une consultation moins personnalisée

Le baromètre met en évidence un ressenti de dépersonnalisation. 65 % des patients estiment que les médecins prennent moins le temps qu’il y a quelques années d’expliquer leurs symptômes. La même proportion dit avoir le sentiment d’être « un patient parmi d’autres ». 

Ce résultat est central pour les médecins, car il touche au cœur de la consultation. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir un rendez-vous, mais d’avoir le sentiment d’être entendu, compris et accompagné. La relation reste jugée bonne, mais elle paraît plus fragile, plus rapide, plus exposée au malentendu.

77 % : la charge de travail abîme la relation

Côté médecins, la pression est clairement identifiée. 82 % d’entre eux estiment que les exigences de leurs patients ont augmenté au cours des cinq dernières années. Et lorsqu’on leur demande ce qui pèse négativement sur leur relation avec les patients, 77 % citent la charge de travail, 54 % le nombre de patients pris en charge, et 50 % le temps consacré aux démarches de remboursement. 

Le chiffre le plus concret, pour la pratique quotidienne, est peut-être celui-ci : 42 % des médecins disent ne pas toujours avoir le temps de laisser leurs patients décrire tous leurs symptômes. Côté patients, 30 % déclarent ne jamais avoir le temps de décrire tous leurs symptômes. Le manque de temps n’est donc pas seulement une plainte : c’est devenu un facteur structurant de la relation de soin. 

79 % : le doute médical s’installe

Le baromètre ne décrit pas une défiance généralisée. Il montre plutôt une confiance devenue plus conditionnelle, plus sélective, plus discutée. 79 % des patients expriment au moins une forme de doute médical. Dans le détail, 67 % disent faire davantage confiance à certains médecins qu’à d’autres, 36 % reconnaissent qu’il leur arrive de ne pas suivre totalement les recommandations de leur médecin, 33 % déclarent avoir parfois des doutes sur la fiabilité d’un diagnostic après une consultation, et 23 % cherchent un deuxième avis. 

Pour les médecins, le signal est important. L’autorité médicale ne disparaît pas, mais elle ne suffit plus à elle seule. La relation repose davantage sur l’explication, l’écoute, la transparence et la capacité à rassurer.

97 % : l’écoute avant l’ordonnance

Les attentes des patients confirment cette évolution. Les deux éléments jugés les plus importants dans la relation avec un médecin sont l’écoute et le temps consacré à l’auscultation, cités par 97 % des répondants. Viennent ensuite l’explication claire du diagnostic et du traitement, à 96 %, et l’orientation vers un spécialiste ou des examens complémentaires, également à 96 %. 

À l’inverse, le fait de délivrer une ordonnance avec des médicaments arrive plus bas, à 74 %. Ce résultat nuance fortement l’idée selon laquelle les patients attendraient d’abord une prescription. Ils attendent surtout du temps, de l’écoute et une explication claire de ce qui leur arrive. 

50 % : un patient sur deux a déjà changé de médecin

Autre indicateur de fragilisation : 50 % des Français déclarent avoir déjà changé au moins une fois de médecin. Les raisons invoquées relèvent autant de la relation que de la qualité perçue des soins : 34 % disent avoir changé parce qu’ils jugeaient la qualité des soins insuffisante, 32 % parce qu’ils n’avaient pas confiance, 32 % parce qu’ils ne se sentaient pas écoutés, et 30 % parce qu’ils ne se sentaient pas à l’aise pour parler librement. 

Chez les 18-24 ans, cette mobilité est encore plus marquée : 73 % déclarent avoir déjà changé de médecin au moins une fois. Le chiffre doit être lu avec prudence, mais il signale une génération moins attachée à une relation médicale stable et plus prompte à chercher ailleurs lorsqu’elle ne se sent pas entendue.

68 % : l’IA convainc sur le diagnostic, pas sur la relation

Le baromètre consacre aussi une partie à l’intelligence artificielle. Les médecins interrogés lui reconnaissent un potentiel clinique : 68 % estiment que son développement aura un impact positif sur la qualité du diagnostic médical, 65 % sur la réduction des erreurs médicales, et 55 % sur la personnalisation des traitements. 

Mais cette confiance technologique reste très encadrée. Seuls 29 % des médecins pensent que l’IA aura un impact positif sur la relation médecin-patient, tandis que 51 % redoutent un impact négatif. Autrement dit, l’IA est perçue comme potentiellement utile pour soutenir la décision médicale, mais pas comme une réponse évidente à la crise du temps et du lien. 

74 % : les patients veulent savoir si l’IA est utilisée

Les patients posent eux aussi des conditions claires. 74 % souhaitent être informés systématiquement si leur médecin utilise l’intelligence artificielle, et 71 % veulent pouvoir refuser son utilisation. Côté médecins, 69 % estiment que les patients doivent être systématiquement informés de l’usage de l’IA, et 55 % qu’ils doivent pouvoir le refuser. 

Romain Léger, CEO d’Orisha Healthcare, est venu sur le plateau What’s up Doc Le live pour commenter ces résultats à SantExpo 2026.

Méthodologie
Sondage OpinionWay pour Orisha Healthcare, réalisé auprès d’un échantillon de 1 014 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées du 8 au 9 avril 2026, et d’un échantillon de 200 médecins exerçant en France, dont 100 généralistes et 100 spécialistes, interrogés du 8 au 15 avril 2026. Les répondants ont été interrogés par questionnaire auto-administré en ligne.

- Orisha est partenaire de What's up Doc à SantExpo 2026
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