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L’enquête avait d’abord démarré avec trois plaintes, avant que d’autres victimes potentielles ne se manifestent après de premiers articles de presse en 2020. Au terme de plus de quatre ans d’information judiciaire, 21 hommes ont été identifiés dans le dossier. Certains faits seraient toutefois prescrits.
Le praticien, suspendu et interdit d’exercer dès le début de l’enquête, est renvoyé pour agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, avec, pour certaines victimes, la circonstance aggravante de vulnérabilité.
Des examens génitaux contestés
D’après Ouest-France, plusieurs patients décrivent un mode opératoire similaire : quelle que soit la raison de la consultation, le médecin aurait procédé à des examens corporels complets, jusqu’à des palpations génitales, sans consentement explicite préalable. Certains évoquent également des masturbations et des commentaires sur leur sexualité.
Les victimes présumées étaient âgées de 14 à 25 ans au moment des faits, selon le journal. Plusieurs consultaient ce généraliste depuis l’enfance et n’avaient pas de repère pour distinguer ce qui relevait ou non d’un acte médical.
Dans l’ordonnance de renvoi citée par Ouest-France, le magistrat instructeur relève que des expertises psychologiques font état d’un « traumatisme grave et avéré » chez certains patients. L’un d’eux aurait été « en incapacité de réagir face à l’agression en raison de son état de sidération ».
« Pas un acte médical »
Le médecin mis en cause aurait d’abord expliqué ses gestes par une pratique « de la vieille école », justifiée selon lui par la volonté de réaliser des examens complets, notamment à visée de prévention. Concernant les masturbations décrites par des patients, il aurait évoqué un geste destiné à « donner confiance » ou à « valoriser le patient », avant de reconnaître, selon Ouest-France, des « dérapages tout à fait inappropriés ».
Les experts cités dans le dossier écartent cette lecture médicale. Selon Ouest-France, les bonnes pratiques ne préconisent pas d’examen systématique des parties génitales en l’absence de signe clinique particulier, et l’expertise déontologique rappelle que le consentement du patient est indispensable avant tout examen génital. La masturbation, soulignent les experts, n’est « pas un acte médical ».
Contactée par Ouest-France, l’avocate de la défense n’a pas souhaité faire de commentaire. Le médecin demeure présumé innocent jusqu’à son jugement.