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« Je ne peux pas garder ça pour moi. Je ne peux pas me résigner parce que c’est inadmissible. » Deux semaines après son passage aux urgences du CHU d’Orléans, Nino-Anne Dupieux, 85 ans, a décidé de témoigner auprès d’ICI Orléans.
Ancienne adjointe de Jean-Pierre Sueur, lorsqu’il était maire socialiste d’Orléans, et élue municipale entre 1995 et 2008, elle a été admise en urgence au mois de juillet à la suite d’une hémorragie. Elle affirme avoir ensuite passé six jours et cinq nuits sur un brancard dans le service des urgences, dans l’attente d’une place d’hospitalisation.
Elle a finalement quitté l’établissement après avoir signé une décharge de sortie contre l’avis médical.
« Tous les jours, le personnel espérait me trouver une chambre. Et dans cet énorme hôpital, il n’y avait pas une chambre pour une vieille dame comme moi », raconte-t-elle.
« Des anges en enfer »
Dans un communiqué de quatre pages rédigé après son retour à domicile, l’ancienne élue décrit des couloirs encombrés de patients sur des brancards.
« Je voyais les couloirs remplis de brancards, avec sur chacun des personnes qui avaient besoin des urgences. »
Si elle dénonce une prise en charge qu’elle juge déshumanisante, Nino-Anne Dupieux distingue nettement les conditions d’accueil du travail des professionnels hospitaliers.
« Je trouve que nous vivons dans un système de santé qui ne se rend pas compte à quel point il génère des souffrances au niveau des malades et des personnels. C’est complètement déshumanisé. »
Elle qualifie les soignants et agents rencontrés d’« anges » dans cet « enfer » : « Des gens extraordinairement humains, gentils, professionnels, attentifs : du brancardier au médecin, en passant par les internes, les infirmières. Ils méritent un hommage. »
Le CHU reconnaît des tensions sur les lits d’aval
Interrogée par ICI Orléans, Dorine Lemasson, représentante CGT au CHU, estime que ce récit reflète les difficultés rencontrées par l’établissement : « Les urgences sont la vitrine du CHU. La situation est catastrophique dans tous les services. »
Le CHU d’Orléans reconnaît de son côté des « tensions sur les capacités d’hospitalisation en aval des urgences ». L’établissement annonce un programme de réouverture de 42 lits de médecine entre septembre et novembre 2026.
Selon le CHU, ces ouvertures représenteraient une augmentation de 6,1 % de la capacité en lits par rapport à 2025. Des recrutements seraient en cours afin de permettre leur mise en service.
Une annonce accueillie avec prudence par la représentante syndicale : « À aucun moment on est contre une réouverture de lits, on ne demande que ça. Mais il faut les moyens humains qui vont avec. » Elle rappelle que les besoins ne concernent pas uniquement les équipes soignantes des services, mais également les personnels nécessaires à leur fonctionnement quotidien, notamment pour l’approvisionnement en matériel et en linge.
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