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« La France revendique une ambition forte en matière de PMA (...) mais peine à garantir un accès équitable et rapide aux gamètes nécessaires », constatent les signataires de ce texte publié hier par Le Monde.
« Résultat : certains professionnels et patientes françaises se tournent vers des banques de gamètes étrangères », affirment les auteurs de la tribune, principalement des professionnels de santé, gynécologues et biologistes, exerçant en France dans le public ou le privé.
Le don de spermatozoïdes et d'ovocytes est actuellement « restreint à une trentaine de centres hospitaliers publics autorisés », « qui peinent à répondre à l'afflux de patientes ».
Les laboratoires de biologie médicale présents dans les centres de PMA privés pourraient être mobilisés pour la collecte et la gestion de gamètes, afin « d'augmenter rapidement les capacités du système » et de réduire les délais de prise en charge, plaident les signataires du texte, parmi lesquels figurent également quelques responsables associatifs.
« Plus largement, c'est la question de la nécessaire participation du secteur privé à l'ensemble de l'activité de PMA qui doit aujourd’hui être clairement posée », assurent-ils.
Rémunérer les dons ?
Les signataires appellent également à ouvrir la « réflexion sur l'établissement d'une indemnisation forfaitaire fixe et encadrée pour les donneurs et donneuses de gamètes », alors que les dons sont actuellement gratuits en France, mais indemnisés dans d'autres pays, comme l'Espagne et le Danemark.
Depuis l'entrée en vigueur en 2021 de la loi de bioéthique élargissant la PMA à toutes les femmes, les demandes de prise en charge ont bondi, allongeant les files d'attente.
En 2025, le délai moyen pour bénéficier d'une PMA avec un don de spermatozoïdes était de 17,7 mois, selon les dernières données de l'Agence de biomédecine. Dans le cas d'une PMA avec don d'ovocyte, il atteignait 22 mois.
Les délais peuvent toutefois varier selon les territoires, de 8 à 28 mois, avec de fortes tensions dans certaines régions, comme dans certains centres d'Ile-de-France ou de Bourgogne-Franche-Comté. Ils restent élevés mais se stabilisent, selon l'Agence de biomédecine.
Avec AFP