Peine de mort : la planète médecins dit « sans nous »

Quand y’en a marre…

Les médecins de l’Indian Medical Association ont au mois d’octobre demandé à ce que leur participation aux exécutions capitales soit considérée comme contraire à l’éthique médicale. Un geste notamment soutenu par l’Association médicale mondiale.

Trop c’est trop ! C’est ce que semblent dire les médecins de l’Indian Medical Association (IMA), principale organisation représentant les médecins en Inde : ils veulent faire modifier le code de déontologie du sous-continent pour qu’y soit officiellement condamnée la participation des blouses blanches aux exécutions capitales. Il faut dire qu’avec 136 condamnations recensées par l’ONG Amnesty International en 2016, l’Inde fait partie des dix pays du monde les plus accros à la peine de mort.

Or ces décisions judiciaires nécessitent le concours du personnel médical. Il peut s’agir de gérer l’aspect médicamenteux de la chose, de suivre les signes vitaux, de déclarer la mort ou encore de former d’autres personnes… Et les praticiens indiens ne veulent plus être mêlés à cela. « Pour nous, il n’y a pas de différence entre un prisonnier et un autre patient », affirme le Dr KK Aggarwal, président de l’IMA, au journal The Hindu. « Notre participation aux exécutions va à l’encontre des principes fondamentaux de l’éthique médicale que sont "ne pas nuire" et "faire du bien" ». 

Arrêtez tout, monsieur le bourreau !

Et ce n’est pas le Dr Otmar Kloiber, secrétaire général de l’Association médicale mondiale (AMM), qui va le contredire. « Il n’y a aucun rôle possible pour un médecin lors d’une exécution capitale », affirme celui-ci. « Tout au plus peut-il signer le certificat de décès, et encore : il faut que cette signature intervienne à bonne distance de l’exécution. Il ne s’agit pas de vérifier que le bourreau a bien fait son travail, pour qu’il puisse continuer si ce n’est pas le cas. »

Dans ses résolutions prises en assemblée générale, l’AMM a d’ailleurs à plusieurs reprises demandé à ses membres d’informer les médecins sur le caractère non-éthique de leur participation aux exécutions capitales. « Si ces pays ne peuvent pas faire d’exécution sans médecins, peut-être qu’ils devraient ne pas en faire du tout », souligne Otmar Kloiber. Y aurait-il là une voie encore inexplorée vers l’abolition mondiale de la peine de mort ?

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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