Maud Legrand, cardiologue : « Je pense qu’on se rend compte de la spécificité du corps des femmes depuis qu’il y a des médecins femmes »

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Dr Maud Legrand, cardiologue à l’hôpital du Mans depuis 2009, participe au Bus du cœur des femmes, une opération de prévention cardiovasculaire. Elle nous parle de sa spécialité marquée par l’urgence, de paternalisme et de l’importance de s’octroyer des moments de folie. 

Maud Legrand, cardiologue : « Je pense qu’on se rend compte de la spécificité du corps des femmes depuis qu’il y a des médecins femmes »

Dans une des caravanes du Bus du cœur des femmes, installé au Mans pour la journée, Dr Maud Legrand, cardiologue, accueille les patientes avec le sourire et beaucoup de bienveillance. Elle fait partie des médecins bénévoles qui participent à cette action XXL de dépistage et de prévention cardiovasculaire organisée par la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes , dans plusieurs villes de France. 

« Quand j’étais interne, on avait déjà des cours qui nous signalaient que les femmes étaient moins bien prises en charge en cardiologie »

D’abord sceptique à s’engager par manque de temps pour prendre en charge ses propres patients, elle accepte l’année où l’association a posé ses valises dans l’hôpital du Mans, où elle exerce. « J’ai vu des femmes en situation de précarité avec des parcours de vie difficiles qui s'intéressaient énormément à leurs facteurs de risque cardiovasculaire », raconte la cardiologue qui a alors pris conscience de l’importance de faire de la prévention de manière individualisée. « Il faut voir les gens et leur parler en face, répondre à leurs questions en plus des grandes campagnes », insiste-t-elle.

Prise en charge inégale 

« Merci pour ce que vous faîtes pour les femmes », lui glisse une patiente qui souffre d’hypertension et n’arrive pas à avoir de suivi médical, à la fin de la consultation. « Il était temps », lui répond Dr Legrand, qui regrette aujourd’hui de ne pas avoir su tenir tête aux « vieux professeurs paternalistes » qu’elle a croisé plus jeune. « Les médecins plus jeunes ne se laissent pas faire et nous aident, non pas à nous rebiffer, mais à répondre et faire changer les choses », estime-t-elle. 

« En tant que cardiologue, on intervient à toutes les étapes du diagnostic et du traitement. »

Cette prise de conscience des inégalités de genre en santé remonte à ses études de médecine. « Quand j’étais interne, on avait déjà des cours qui nous signalaient que les femmes étaient moins bien prises en charge en cardiologie, qu’on sous-estimait leurs symptômes. Vous voyez le temps qu’il faut pour mettre des choses en place ! ». Maud Legrand en est certaine : « On se rend compte de la spécificité du corps des femmes depuis qu’il y a plus de médecins femmes ». 

Toujours émue par la beauté du coeur 

Celle qui rêvait de devenir dentiste s’est finalement tournée vers la médecine après avoir découvert l’éthique et l’histoire de la médecine en première année. Le déclic pour la cardiologie survient plus tard, pendant ses stages d’externat. « Les urgences, le rythme, les patients », résume-t-elle. Une spécialité où « chaque minute compte » dans la prise en charge des infarctus ou des troubles du rythme.

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La cardiologie est aussi, pour elle, une médecine du geste et de l’image. Échographie cardiaque, électrocardiogrammes, coronarographies : « On intervient à toutes les étapes du diagnostic et du traitement », explique-t-elle. « Voir le cœur battre en direct », grâce aux progrès de l’imagerie, continue même aujourd’hui de l’émouvoir.

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