Les médecins ont-ils le droit de se déconnecter ?

En tout cas, ils ne se sentent pas concernés

Depuis quelques semaines, un nouvel article de la loi travail est applicable : le droit à la déconnexion. Une bénédiction pour la plupart des salariés, qui n’auront plus à supporter les appels tardifs de leur patron… Mais pour les médecins, cette mesure est plus difficilement applicable.

L’article L2242-8 du Code du travail prévoit depuis le 1er janvier que dans chaque entreprise de plus de 50 salariés, le droit à la déconnexion peut être appliqué. Oui, mais un médecin peut-il vraiment prétendre à passer ne serait-ce qu’un week-end tranquille ? Peut-il lui aussi enterrer son smartphone et sa boite mail pendant les vacances ? Comment les choses devraient-elles se passer à l’hôpital, qui se doit d’être disponible pour les malades qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige ?

Rachel Bocher, présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitalier (INPH), considère que le droit à la déconnexion est un faux problème. « Quand on travaille à l’hôpital, on ne travaille pas simplement pour faire ses heures», tranche-t-elle. « On sait que quand nous appelle en dehors de nos heures de travail, c’est qu’il y a un vrai souci, et cela reste bien sûr exceptionnel. »

Le burnout n’est pas une affaire de déconnexion

Les libéraux se sentent encore moins concernés par la question. « Nous prenons la décision par nous-même de laisser les patients nous contacter ou non sur nos numéros perso », estime le Dr David Azérad, secrétaire général du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG). « Le choix de se déconnecter revient à chacun. »

Le jeune généraliste précise tout de même que d’après lui, « il ne faut pas oublier le risque de burnout ». Mais pour Rachel Bocher, le droit à la déconnexion ne contribuerait  pas à diminuer ce risque. « Les burnout ne trouvent pas leur origine dans une absence de déconnexion, mais dans une mauvaise organisation des services et du management des soignants », explique-t-elle.

Le message est donc clair, pour vivre déconnectés, vivons organisés. 

Source: 

Johana Hallmann

Portrait de La rédaction

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