© Midjourney x What's up Doc
S'il existe actuellement quantité de jeux et d'applications d'entraînement cérébral prétendant lutter contre le déclin cognitif, peu de travaux scientifiques de qualité et de long terme ont démontré leur efficacité.
Cette nouvelle étude, publiée dans la revue « Alzheimer’s and Dementia : Translational Research & Clinical Research », a débuté à la fin des années 1990 et impliqué plus de 2 800 participants de 65 ans ou plus. Ceux-ci ont été aléatoirement soumis à trois types d'exercices distincts (vitesse, mémoire, raisonnement) ou inclus dans un groupe témoin.
Les participants ont d'abord suivi une séance d'entraînement cérébral d'une heure, deux fois par semaine pendant cinq semaines. Puis, un an et trois ans après, quatre séances de rappel. Au total : moins de 24 heures d'entraînement.
Un seul type d'entrainements efficace
Après cinq, dix et vingt ans, l'entraînement à la vitesse – qui consistait à cliquer sur des voitures et panneaux routiers apparaissant à différents endroits d'un écran d'ordinateur – est apparu comme « le plus bénéfique », a déclaré à l'AFP Marilyn Albert, co-auteure de l'étude et membre de l'université Johns Hopkins à Baltimore (États-Unis).
Après deux décennies, les personnes ayant suivi l'entraînement à la vitesse et les rappels ont vu leur risque de développer une démence chuter de 25 %. Deux autres types d'entraînement n'ont pas montré d'effet significatif.
Pour la vitesse, « nous supposons que l'entraînement a eu un effet sur la connectivité du cerveau », a résumé Marilyn Albert. « Pour la première fois, cette étude de référence donne une idée de ce qui est possible pour réduire le risque de développer une démence », a-t-elle commenté.
Des résultats à manier avec prudence
Mais « bien que statistiquement significatif, le résultat n'est peut-être pas aussi impressionnant » que 25 % de baisse, a averti Rachel Richardson, chercheuse à la Cochrane Collaboration, pointant les importantes marges d'erreur, auprès du Science Media Centre - organisation indépendante servant d'interface entre la communauté scientifique et les médias.
Baptiste Leurent, expert en statistiques médicales à l’University College de Londres, a aussi évoqué « d'importantes limites », notant qu'un résultat significatif sur un sous-groupe n'est généralement pas une preuve suffisante d'efficacité globale.
Pour les auteurs de l'étude, si les résultats ne concernent qu'un entraînement spécifique, ils restent « extrêmement importants », a dit Marilyn Albert : réduire la démence chez 25 % de la population étasunienne pourrait économiser 100 milliards de dollars en soins.
Découvrir le mécanisme exact expliquant pourquoi l'entraînement à la vitesse a fonctionné pourrait désormais aider les chercheurs à concevoir un nouvel exercice plus efficace.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, la démence touche 57 millions de personnes et constitue la septième cause de décès dans le monde.
Avec AFP