Installation en clinique : pas de panique !

Redevance, part de capital, association… L’installation en clinique et les investissements qu’elle peut représenter nous donnent le vertige !
Si notre métier, c’est la santé, la gestion des contrats, ca peut laisser pantois… Pour s’y retrouver, nous avons demandé quelques clés À Jean-Loup Durousset*, président de la FHP.

Article proposé avec le soutien de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP)

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WUD
Doit-on s’associer pour entrer dans une clinique ?

JLD Non, pas nécessairement, mais l’exercice solitaire a tendance à se raréfier. On peut aussi ne pas être associé mais partager le travail à plusieurs de la même spécialité.

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WUD
L’association est donc monnaie courante. Une monnaie qui coûte cher, non ?

JLD Les droits d’entrée reposent sur une discussion entre confrères, en fonction du chiffre d’affaires et des perspectives de rémunération qu’offre l’association. Des formes d’associations telles que les SEL (sociétés d’exercice libéral) peuvent favoriser les négociations avec l’établissement.

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WUD
Que peut nous apporter une clinique en plus du plateau technique ?

JLD La principale valeur ajoutée de l’exercice en clinique, outre l’image qu’elle offre et la réputation qu’elle permet d’acquérir plus rapidement, c’est la sécurisation des jeunes médecins, face aux patients, mais aussi aux assurances, aux associations d’usagers…

Une clinique est un ensemble de professionnels au service du patient et du praticien dont l’exercice peut facilement confiner à l’isolement. C’est le rôle de la clinique de vous aider !

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WUD
Tant mieux ! Et pour l'installation, les cliniques peuvent-elles nous proposer des aides ?

JLD C’est possible, oui. Il est parfois nécessaire de vous accompagner financièrement. Il y a plusieurs manières de le faire : mise en commun, pour un temps prédéfini, des honoraires de l’ensemble des praticiens, garantie de revenus assurée par la clinique le temps que monte en puissance votre activité (entre 6 et 12 mois en moyenne)…

À quoi bon ajouter du stress à un changement qui en produit déjà suffisamment ?

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WUD
Les redevances semblent très variables selon les cliniques, comment le savoir ?

JLD La redevance que vous réglez à la clinique, en contrepartie des services qu’elle vous apporte, est un reversement obligatoire.

Son estimation est calculée sur des frais réels. Évidemment, il faut en demander une évaluation avant de commencer. Le dialogue est essentiel.

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WUD
Les cliniques nous proposent, voire nous imposent parfois, d’acheter des parts. Comment être sûrs de leur valeur ?

JLD La clinique est une entreprise comme une autre. Elle peut vous proposer de devenir actionnaire en achetant des titres dont le montant est défini par des experts-comptables ou commissaires aux comptes. Vous pouvez aussi demander votre propre expertise de façon indépendante. Il ne faut pas en avoir peur, c’est un investissement, ça fait partie de l’esprit libéral. Mais beaucoup de cliniques ne demandent pas de droit d’entrée.

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WUD
Alors, justement, avec les freins de la convergence public/ privé et la baisse des tarifs, est-ce que vous nous conseillez d’investir dans le capital d’une clinique aujourd’hui ?

JLD Avec optimisme, je réponds oui ! Je crois beaucoup en l’actionnariat médical. Il s’inscrit dans un mode d’organisation tricéphale alliant volonté médicale forte, regard financier avisé et gestion attentive et défensive de la structure. Le choix du directeur administratif appartient alors à l’équipe médicale, contrairement à l’hôpital public. Ceci garantit une répartition équilibrée des rôles et une réciprocité qui permettent aux différents acteurs de participer en synergie à l’évolution de l’établissement.

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WUD
Un mot sur l’avenir de l’hospitalisation privée et de la médecine libérale en général ?

JLD Le dernier rapport de l’Igas** confirme les vertus et le dynamisme du secteur hospitalier privé. Les 12 structures ayant franchi avec succès toutes les étapes de l’accréditation sans réserve ni recommandation sont toutes issues du privé. Les récentes et nombreuses restructurations pérenniseront les établissements concernés pour une quarantaine d’années. Enfin, par ses capacités d’innovation et son dynamisme, son implication pour favoriser l’essor de secteurs tels que la prévention, l’éducation thérapeutique et le soin aux personnes âgées, la médecine privée continuera de participer à la maîtrise des dépenses de santé comme elle l’a toujours fait. Je suis confiant dans l’avenir du privé hospitalier. Essayez… vous verrez !

 

 

Source: 

* Jean-Loup Durousset est depuis 2007 le président de la FHP, qui représente 1 100 établissements privés en France aupr`es des tutelles, du Minist`ere et des syndicats de salariés de la branche.** Rapport Igas (Inspection générale des affaires sociales) sur « L’évaluation de la place et du rôle des cliniques privées dans l’offre de soins » - Février 2013.

Portrait de La rédaction
article du WUD 8

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